Non, vous ne rêvez pas : dans le quartier des Moulins se cache une Ferme pédagogique. Vous pourrez y découvrir plus de 240 animaux mais aussi un grand jardin où l’on cultive fruits et légumes… Rencontre avec ceux qui la font vivre.
Un poulailler, des bacs pour jardiner ou encore des chèvres qui broutent de l’herbe… On pourrait se croire en plein cœur de la campagne. Et pourtant, ce n’est pas le cas. La Ferme Bermond est située dans le quartier des Moulins depuis les années 1970, juste à côté de l’arrêt de tramway Grand Arénas. Entre une cité sensible et le quartier des affaires !
« Tout s’est monté, sous cette forme, il y a sept ans » rembobine Stéphane Gastaud, le président de l’association.

« Je connaissais la personne qui avait ce terrain, je lui donnais des coups de main. Nous sommes devenus amis. Il était policier municipal et a créé la première brigade équestre de Nice. Les chevaux étaient donc ici jusqu’en 2010, puis il a continué avec ses animaux à lui. Lorsqu’il est tombé malade, il m’a demandé si je pouvais aider sa femme, qui allait se retrouver toute seule ».


« De là, un petit jardin partagé avec quelques animaux s’est développé » poursuit Stéphane Gastaud. « L’idée, c’était de permettre aux gens du quartier de pouvoir planter des pieds de tomates, par exemple… «.
L’asso voit le jour. Et rapidement, elle cartonne. « On s’est retrouvés avec une cinquantaine d’adhérents ». Aujourd’hui, ils sont plus de 300 !
Tarifs d’épicerie sociale
Et justement, pour s’occuper de cette ferme, de nombreuses petites mains sont nécessaires.
« On ne fait pas payer de cotisation pour l’adhésion. Mais en contrepartie, on demande du temps de travail bénévole, deux demi-journées par mois ». Dans ce jardin familial et ce centre de compostage, on retrouve plus de 6.800 m² de verdure, avec plusieurs parcelles à entretenir.
« On fait pousser des légumes, des fruits… Par exemple, en ce moment, on a des blettes, des salades, des courgettes, des poireaux, des aubergines…»


Tout le monde s’implique. « Derrière cela, les adhérents peuvent bénéficier, à des tarifs d’épicerie sociale, de légumes bio, frais et de saison. On est à 1 euros 50 le kilo et 2 euros 50 la boîte d’œufs ».
Anti-gaspi, apprendre à mieux consommer, transformation des produits… Parmi les différents projets mis en place, on retrouve celui de « La Terre à l’Assiette ». « On s’occupe de la semence de la graine jusqu’au repas. On a un cuisinier. Les adhérents peuvent ensuite profiter de ces repas réalisés directement à la ferme ». Ils sont offerts pour ceux qui participent, ou alors au tarif de dix euros pour les autres bénévoles (entrée, plat, dessert).
Plus de 240 animaux !
La ferme Bermond, c’est aussi plus de 240 animaux. « On a ceux de la basse-cour : des poules, des oies, des cannes, des pigeons, des pintades, des dindes, des cailles, des lapins, des chèvres… Pas mal d’oiseaux, également. On travaille avec certains vétérinaires, on récupère des animaux abandonnés ».


De nombreux scolaires arpentent avec plaisir les lieux. « Ça va de la classe qui fait une petite visite dans l’année à des activités plus spécifiques ». Les membres de la ferme travaillent avec six IME, des instituts médico-éducatifs. « Certains sont ici quatre demi-journées par semaine. L’année prochaine, on va également redémarrer un cycle sur tout ce qui est zoothérapie. C’est-à-dire élever et dresser des animaux pour qu’ils aient un lien particulier avec des enfants porteurs de handicap ». Des actions qui font sens, dans un environnement hors du commun…


En savoir +
- 4 boulevard Paul Montel
- Pour plus d’informations, c’est par ici



Bravo de faire connaître cette ferme citadine, dont beaucoup de Niçois comme moi ignorent l’existence… Et, surtout, bravo pour ce travail formidable, continuez, j’espère que vous serez encore longtemps à l’abri de la spéculation immobilière !
Une caresse à tous les animaux 😘