Mise en veilleuse pendant les dernières munici­pales puis la crise sanitaire, la guerre Estrosi-​Ciotti reprend de plus belle alors que s'ouvre la campagne prési­den­tielle. Plus ou bien inspirés, les coups de billard à trois bandes sont bien de retour.

À chaque jour son tacle. Lundi, alors qu'Éric Ciotti emmenait Valérie Pécresse déjeuner à la cantine du maire de Nice, La Petite Maison dans le Vieux-​Nice, l'intéressé répondait, amer, dans la presse : "si, au premier jour d'une campagne prési­den­tielle, leur priorité est de venir bouffer à 20 mètres du bureau d'Estrosi, il y a de quoi s'inquiéter pour la France !"

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La Petite Maison, repère de la droite maralpine depuis des lustres [© DR]

Même jour, même ambiance. Pour Ciotti, après la tempête Alex dans les vallées, l'argent promis pour la recons­truction n'est pas venu. "Fake news irres­pon­sable" rétorque l'édile. Et ainsi vogue le monde politique maralpin, cisaillé en deux par l'ex-couple infernal.

Dernier coup de sabre ? Le départ bien, bien médiatisé, de "250 adhérents du 06", opposés à la Ciotti-​mania en cours chez Les Républicains. Lesquels ont carrément saisi l'AFP pour annoncer leur sécession, avec tambours et trompettes. 

Une goutte d'eau, pourtant. La fédé de droite a connu une vague d'adhésions en amont du Congrès, passant de 7.200 à 8.500 encartés locaux.

Un groupe d'élus azuréens a également pris la poudre d'escampette, comme l'ont relevé nos confrères de Valeurs actuelles. Pas toujours de grandes surprises non plus.

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Fidèles parmi les fidèles de Christian Estrosi, Anthony Borré et Pierre-​Paul Léonelli divorcent des Républicains [© DR]

Le premier adjoint de Christian Estrosi - qui a quitté LR pour Emmanuel Macron depuis l'été - Anthony Borré compte parmi les démis­sion­naires, officiel­lement à la lecture des résultats du Congrès, flatteurs pour Éric Ciotti. Quelques jours avant, il s'était déjà placé au premier rang d'une réunion de soutien au président de la République, puis au meeting d'Édouard Philippe. Prémonitoire.

Le gros de la vingtaine est constitué de conseiller municipaux niçois. Qui n'ont pas tellement eu le choix de rendre le tablier… "Il y a beaucoup de pressions" confient à Nice-​Presse deux d'entre eux. "Pour quitter LR, pour faire nombre aux meetings LREM. Si bien que d'anciens LR, voire même d'ex-soutiens de Peyrat, des très, très droitiers ; se retrouvent à courir derrière Macron et Philippe pour garder les bonnes grâces du maire".

Un autre souligne l'ironie, d'un sourire : 

"Certaines person­na­lités pas forcément très politiques à la base ont dû prendre leur carte LR pour rejoindre Estrosi à la mairie. Et aujourd'hui, elles doivent la rendre pour y rester !"

Un conseiller municipal niçois à N-P

Le précédent Chaix/​Frontoni a fait figure d'exemple. Peu adeptes de la disci­pline de groupe, tous deux ont été débarqués à la rentrée. Ils l'auraient appris dans la presse. Depuis, ils dénoncent les "dérives autocra­tiques" de la mairie niçoise. Rien de moins.

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Ne vous fiez pas au calme apparent © Clément Avarguès, Nice-Presse

Le temps où les ciottistes pouvaient espérer passer entre les gouttes au conseil municipal semble révolu. Quand le député des Alpes-​Maritimes tape sur le grand projet du chef, la démolition du Théâtre national et du palais Acropolis (après l'avoir soutenu et financé !), le patron de la majorité niçoise Pierre-​Paul Léonelli orchestre la riposte. Sur Twitter, ce sera un raid numérique contre Ciotti d'une subtilité toute relative, mené par certains édiles qui ne postent pourtant jamais rien habituel­lement. (MAJ : Pierre-​Paul Léonelli "dément fermement" avoir demandé "quoi que ce soit", à son groupe politique).

Seul l'ex-FN Gaël Nofri, adjoint à la Circulation, a pris soin de ne pas trop égratigner le meilleur-​ennemi du maire. Logique, puisque, à contre-​courant de ses collègues "Macron-​compatibles", cet ami d'Éric Zemmour brigue l'investiture LR pour les prochaines légis­la­tives. Et qui est le président de la commission nationale qui va devoir trancher ? Éric Ciotti ! 

Par Alexandre Chavance, édité par Clément Avarguès

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