Le tribunal judiciaire d’Evry rendra son verdict le 28 mars concernant le référé déposé par la CFDT contre la décision du groupe Carrefour de basculer une quarantaine de magasins, dont un immense à Nice, en location-gérance d’ici 2025.
Cette date a été arrêtée dans cette procédure d’urgence en tenant compte du fait que certains des 39 magasins concernés doivent quitter l’enseigne pour rejoindre un locataire-gérant indépendant dès le 1er avril, a expliqué le tribunal lors d’une audience à laquelle ont assisté une cinquantaine de salariés de Carrefour.
En tout, une centaine de salariés venus de divers régions de France s’étaient rassemblés devant le tribunal d’Evry dans la matinée. « C’était important de montrer que derrière ces décisions, il y a des hommes et des femmes », a déclaré à l’issue de l’audience Sylvain Macé, secrétaire national chargé de la grande distribution à la CFDT Services.
Cette fédération syndicale a assigné Carrefour en 2024 au sujet de la conversion de ses magasins de grande taille en franchise et location-gérance, affirmant qu’il s’agit d’un plan social déguisé touchant plus de 27.000 salariés depuis 2018. L’avocat de la CFDT a plaidé vendredi pour empêcher Carrefour d’exécuter le transfert des 39 magasins avant qu’un jugement sur le fond ne soit rendu.
Depuis l’arrivée d’Alexandre Bompard à la tête du groupe en 2017, Carrefour a accéléré la transformation de ses magasins en franchise et location-gérance, un modèle où le distributeur conserve la propriété du fonds de commerce. Selon le groupe, cette stratégie permet d’éviter des fermetures.
« Travailler la boule au ventre »
Ces transferts permettent également à Carrefour de maintenir sa part de marché tout en externalisant certains coûts, notamment les salaires, qui sont alors assumés par des commerçants indépendants franchisés.
Pour les salariés concernés, ces changements entraînent une perte d’avantages sociaux, que la CFDT évalue à plus de 2.000 euros de rémunération en moins par an. Des employés du magasin Carrefour de Berck, dans le Pas-de-Calais, qui doit passer en location-gérance le 1er mai, ont confié à l’AFP qu’ils allaient travailler « la boule au ventre » depuis l’annonce de cette transition.
Le CSE du magasin de Berck fait partie des trois, aux côtés de ceux d’Étampes (Essonne) et de Nice TNL (Alpes-Maritimes), à avoir demandé des expertises sur les risques liés aux conditions de travail des salariés. Cependant, Carrefour a contesté ces expertises en référé, et les tribunaux devront examiner ces dossiers au cours du mois de mars.
(Avec AFP)



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.