Voici une expérimentation qui dure depuis presque un an. Dans le Vaucluse, la cité de Cadenet permet aux habitants de bénéficier de la « Sécurité sociale de l’alimentation ». Un sujet au cœur de l’actualité.
Jeudi 20 février, les députés écologistes ont porté une proposition de loi, la « Sécurité sociale de l’alimentation », à l’Assemblée nationale. Inspirée de nombreuses initiatives citoyennes locales, cette mesure a pour objectif de promouvoir le « mieux manger, moins cher », en apportant un soutien à l’agriculture locale et durable.
Il existe déjà quelques exemples de fonctionnement sur le territoire, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ainsi, dans le Vaucluse, les résidents du petit village de Cadenet ont la possibilité depuis avril 2024 de payer leurs achats via leur carte vitale. Enfin… ce n’est pas aussi simple que cela.
Comme l’explique Ouest-France, cette action a été pensée par l’association Au Maquis, et est aujourd’hui poussée par le collectif de l’alimentation de Cadenet (Clac), qui est en autogestion. Actuellement, 33 personnes de la cité, qui en compte 4.000, jouissent de ce système.
150 euros par mois pour les courses
Cette trentaine d’habitants disposent de 150 euros par mois pour acheter des produits locaux et de qualité. Ils se sont portés volontaires pour participer à l’expérimentation. Et les demandes étaient d’ailleurs bien plus nombreuses, au nombre de 70.
Désignés suite à un tirage au sort, sans prendre en compte les ressources financières, les résidents concernés ont certaines obligations. L’argent ne doit pas être jeté par la fenêtre. Il ne peut servir que dans trois points de vente de la commune : une épicerie, le magasin de producteurs et l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne).
Une fois les emplettes réalisées, les clients doivent payer de leur poche. Après avoir avancé les fonds avancés, ils peuvent se faire rembourser à hauteur de 150 euros chaque mois, Pour ça, ils doivent noter leurs courses sur leur « carte vitale alimentaire ». Cependant, tous les articles dans ces magasins ne sont pas gratuits.
Trois types d’articles
On retrouve trois catégories d’articles, ceux indemnisés à 30, 70 ou 100%. Ces derniers sont considérés comme « exemplaires » et de « qualité exceptionnelle ». Pour établir ces critères, le collectif a sollicité les habitants, qui ont construit une grille d’évaluation en fonction de l’impact environnemental, des conditions de travail des producteurs, de la proximité ou encore de la taille de l’exploitation.
La deuxième catégorie, celle remboursée à 70%, comprend surtout des denrées se rapprochant de l’idéal alimentaire. Pour les distinguer, vous trouverez des autocollants en rayon. Trois cœurs équivalent à 100%, deux à 70%. Une étude pratique qui, à en croire les retours, semble convenir à tout le monde.
Il nous faut préciser que ce dispositif est subventionné à hauteur de 60.000 euros de la Fondation de France et la Fondation Carasso, ceux-ci afin de poursuivre l’expérience pour une deuxième année. C’est cela qui explique que le système ne soit pas élargi, puisque si tout le village voulait en bénéficier, il faudrait quelque huit millions d’euros. À noter que les participants n’ont pas eu besoin de cotiser pour y prendre part.



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