À l’approche des élections municipales de 2026 à Nice, la gauche locale entrevoit une opportunité historique. Face à un affrontement annoncé entre Christian Estrosi et Éric Ciotti, elle croit pouvoir se frayer un chemin, à condition de s’unir derrière un programme solide et une tête de liste fédératrice.
- À LIRE AUSSI… Municipales 2026 : promesses clés, alliance… À Nice, la (presque) union de la gauche démine ses « sujets chauds »
La gauche niçoise part affaiblie mais déterminée
Lors du scrutin municipal de 2020, les résultats des différentes composantes de la gauche avaient été modestes. La liste conduite par Patrick Allemand (PS) avait plafonné à 6,6 %, tandis que Viva, soutenue par La France Insoumise et le Parti communiste, avait rassemblé 8,9 % des suffrages. Seuls les écologistes avaient atteint le second tour avec 11,3 %, obtenant six sièges, mais des divisions internes avaient ensuite réduit leur efficacité.
« D’habitude, on essaie de construire une liste d’opposition. Là, le duel Estrosi/Ciotti nous donne un espace politique. Nous avons une chance de faire sauter le couvercle après 80 ans de droite à Nice », a déclaré Patrick Allemand lors d’une conférence de presse.
Un face-à-face Estrosi-Ciotti qui rebat les cartes
Christian Estrosi (Horizons), largement réélu en 2020 avec près de 60 % des voix, a annoncé sa candidature à un quatrième mandat. De son côté, Éric Ciotti n’a pas encore officialisé son entrée en lice, mais son rapprochement avec le Rassemblement national pourrait provoquer des tensions à droite. Cette configuration crée un nouvel espace que la gauche veut investir.
Elle mise aussi sur la mobilisation d’un électorat resté massivement à l’écart en 2020 : au second tour, l’abstention avait atteint 72 %. Un chiffre qui souligne l’existence d’un potentiel de voix non négligeable si une alternative crédible est présentée.
Les législatives 2024, un signal positif pour la gauche
Les élections législatives de 2024 ont montré que la gauche peut encore progresser à Nice. Les candidats proches d’Éric Ciotti ont obtenu 27 % des voix, mais ceux du Nouveau Front Populaire en ont réuni 16,5 %, dépassant les candidats pro-Estrosi (13,7 %). Cette dynamique encourage les partis de gauche à miser sur une candidature commune.
Une initiative unitaire lancée par le PCF
Début janvier, le PCF a invité les autres composantes du Nouveau Front Populaire à entamer des discussions pour construire une stratégie municipale partagée. Le plan de route prévoyait d’élaborer un socle programmatique au sein des partis, puis d’organiser en mai des réunions avec associations, syndicats et experts. L’objectif : finaliser une tête de liste commune durant l’été et lancer la campagne en septembre.
Mais les premières discussions ont été tendues. En désaccord avec le cadre fixé, la France Insoumise a quitté la réunion. Depuis, les partis restants – PS, PCF, écologistes – ont continué à travailler sur un programme sans eux.
Un appel citoyen pour une union large et un programme de rupture
En parallèle, un collectif de 200 personnalités et militants, soutenu notamment par LFI et Viva, a signé un appel en faveur d’une liste unitaire de gauche et écologiste « la plus large possible, sur la base d’un programme de rupture ». L’objectif affiché est de répondre aux inégalités criantes à Nice, où plus d’un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, malgré le dynamisme touristique.
« Ce sont des acteurs que je connais », a expliqué Julien Picot (PCF) à la presse. « On a tous la même volonté. Il n’y a pas de raison qu’ils ne suivent pas notre démarche. »
Mais lors de la première réunion publique des signataires, les divergences sont apparues. Si certains militants ont exprimé leur rejet d’alliances jugées opportunistes – « La gauche, elle est ici », a lancé une intervenante –, d’autres ont appelé à l’union « même avec des gens qu’on n’aime pas », insistant sur la nécessité de dépasser les querelles partisanes.
Un socle programmatique commence à émerger
Les partis en discussion ont récemment dévoilé des propositions communes : encadrement des loyers, gratuité des transports publics, augmentation des droits de mutation, et hausse de la taxe de séjour. Des mesures qui tracent une orientation clairement sociale et écologique.
« Ils ont vraiment bien lu notre programme de 2020 », a réagi avec ironie l’avocate Mireille Damiano, ex-tête de liste Viva. Elle n’exclut pas un rapprochement : « Il faudra que chacun prenne de l’autre. »
Une tête de liste attendue pour porter l’union
Le véritable enjeu reste la désignation d’une tête de liste capable d’incarner cette union. Elle devra à la fois rassembler les différentes sensibilités de la gauche niçoise et affronter deux figures puissantes du paysage politique local. Pour l’heure, aucun profil ne semble s’imposer.









C’est ça le problème, soit les fachos avec ciotti, soit les cocos avec la gauche, mais si on est un peu plus modéré, ben… pas le choix.