hôtel de ville de menton

Corruption, crime organisé à Menton… politiciens et criminels arrêtés sur la Côte d’Azur : qui sont les Niçois suspectés?

La police et les gendarmes azuréens ont mis au jour une vaste entreprise criminelle dont les finalités, diverses et variées, auraient été de mettre sur pied un système de racket des commerçants de la Côte d’Azur, ou, encore plus grave, de mettre la main sur la mairie de Menton (Alpes-Maritimes). L’enquête, toujours en cours, apporte chaque jour son lot de surprises. Plus d’une trentaine de personnes ont été arrêtées, dont des voyous reconnus, une policière et plusieurs personnalités du monde politique maralpin.

POLICE/JUSTICE — “Parrain, milieu, grand banditisme, vaste réseau de corruption, élus mouillés…” À lire le champ lexical employé dans cette vaste affaire criminelle, on voit que la mafia coulait encore, il y a peu, de beaux jours sous le soleil de la Côte d’Azur.

Depuis lundi, les enquêteurs ont interpellé plus d’une trentaine de suspects. Huit personnes, connues des services de police, ont été mises en examen — six d’entre elles ont été incarcérées. Un élu de la République a été placé sous le statut de témoin assisté.

Dix-sept chefs de prévention différents sont retenus, allant de l’association de malfaiteurs, blanchiment, extorsions, préparation des délits de corruption, à trafic d’influence, chantage et vol en bande organisée.

On fait le point sur les personnalités niçoises possiblement impliquées.

Aurelio G. : le nouveau “parrain” serait niçois

L’un des grands chefs de cette grande organisation criminelle vivait dans la capitale azuréenne, même si c’est en Espagne que la police a mis la main sur lui. L’homme, un père de famille de 50 ans, était placé sous surveillance depuis quelques temps par les enquêteurs, mais son casier judiciaire n’avait plus connu de nouvelle condamnation depuis quinze ans (“port d’arme prohibée”), révèlent nos confrères de Nice-Matin dans un portrait détaillé.

C’est sous ses ordres que ses “lieutenants” auraient voulu extorquer de l’argent à des commerçants, à Menton comme à Nice : les malheureux devaient leur verser une somme régulière, ou embaucher, souvent pour des emplois fictifs, des membres de l’organisation. Menacés, les récalcitrants s’exposaient, notamment, à l’incendie criminel de leurs locaux, comme l’explique Europe 1.

gare du sud commerces Nice
Photo : Ludovic Charlet

Jean-Laurent Comparetto, restaurateur (gare du Sud, Nice)

Il est restaurateur et tient un stand de fromagerie dans la gare du Sud à Nice : Comparetto a été placé sur écoute depuis un an. Grand bavard, il aurait permis malgré lui à la police d’en apprendre énormément sur le projet.

Toujours d’après le quotidien régional, il était déjà connu par les autorités depuis les années 1990 pour un trafic similaire. Si la prison et le tribunal de Nice avaient été ciblés par des attentats à l’explosif, la cible des malfaiteurs à l’époque était, déjà, des commerçants à extorquer. Les voyous étaient niçois.

Le suspect, pas réellement décisionnaire, avait pris pour dix-huit mois partiellement assortis de sursis.

Il a placé avec succès sa compagne en position éligible sur la liste d’Olivier Bettati (DVD proche du Rassemblement national) aux dernières municipales de 2020 à Menton — elle en avait été écartée dans l’entre-deux-tours.

Olivier Bettati, ex-conseiller municipal de Nice

Il est bien connu à Nice, ville dans laquelle il a été candidat à la mairie plusieurs fois. Il y a été conseiller municipal sur les bancs de la droite de longues années, faisant figure pendant longtemps de grand ennemi de Christian Estrosi. Il s’est rapproché depuis 2015 du Rassemblement national (devenant conseiller régional), avant de prendre ses distances.

Les enquêteurs cherchent à savoir quelle était la nature des liens entre l’élu et les criminels, en dehors de la présence de la compagne de Jean-Laurent Comparetto sur sa liste. Le milieu aurait-il tenté de placer Bettati dans le fauteuil de maire pour faire main basse sur les marchés publics, dans un scénario digne de la série Marseille (Netflix)?

“La prudence s’impose” souligne une source policière auprès de France 3, expliquant qu’un projet de “captation de marchés publics” n’a pas été attesté à l’heure qu’il est.

Le candidat malheureux (il a échoué à se faire élire en juin dernier à 1.000 voix près) a fait 96 heures de garde à vue. Il a échappé à la mise en examen en devant “témoin assisté” et se dit “victime” de toute cette histoire.

Police Nice
Photo : Rama

Daniel Véran, ancien patron de la police municipale de Nice

Il faisait partie de l’équipe de Bettati. Retraité, rôdé aux campagnes électorales, il a été le garde du corps de l’ancien maire de Nice Jacques Médecin (lui aussi très bien connu de la justice) avant de diriger la police municipale de notre ville.

Il est aujourd’hui “mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de corruption active et trafic d’influence” mais a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Une policière et un fonctionnaire de la mairie

Une fonctionnaire de police du commissariat Foch de Nice a été incarcérée. Elle est suspectée d’avoir transmis aux malfrats des informations sensibles pour leur éviter — sans succès, du coup — d’être placés sous surveillance.

Un “haut fonctionnaire de la Ville de Nice” a fait partie des personnes entendues en début de semaine.

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