Commune désormais bien implantée dans l'arrière-pays maralpin, Cabris a un temps été un village fantôme au cœur des XIVe et XVe siècles. 

Aujourd'hui, vous pouvez visiter Cabris en empruntant les étroites ruelles qui lui permettent de conserver son charme intact. On aime y flâner entre les maisons en pierre, que l'on croise en arpentant les petits axes, le tout agrémenté de lavandes odorantes, de cyprès, de quelques palmiers et de plantes grasses. 

Mais la localité n'a pas toujours été ainsi. Avant d'être une sublime desti­nation perchée au-​dessus de la Côte d'Azur, elle a connu un destin tragique. Ce village médiéval a vu se construire un château, aux environs de 1200, et une église au fil des siècles, avant l'arrivée de l'épidémie de peste.

La peste a eu raison de la population à Cabris

Au milieu du XIVe siècle, ses habitants ont donc déserté les lieux. Il a fallu attendre près de 150 ans avant que Balthazar de Grasse, seigneur de Cabris, ne fasse repartir la vie sur ses terres, avec le concours de 52 familles venues d'Italie, de Menton et de Sainte-​Agnès, et d'un "acte d’Habitation" paraphé le 1er mars 1496.

Rappelons qu'outre la maladie, un autre problème a pendant très longtemps hanté les résidents. Subissant constamment une pénurie d'eau, la population a dû attendre le XXe siècle avant que le souci ne se règle grâce à un canal mis sur pied en 1931.

Ville d'écrivains

Il n'est désormais plus question de cela, et Cabris peut se vanter d'avoir accueilli des person­na­lités comme Jacques Monod, François Jacob, André Lwoff, des prix Nobel de médecine. Il y aussi eu le philo­sophe Georges Friedmann, l'écrivaine et comtesse Marie de Saint-​Exupéry, ainsi que son fils, Antoine de Saint-​Exupéry.

Cabris
Photo : Tourisme Pays de Grasse

C'est d'ailleurs ici aussi que André Guide, Albert Camus, Roger Martin du Gard, sans oublier André Malraux, ont séjourné. Ce n'est donc pas innocent si l'on y retrouve encore de nos jours la fondation Vienot, dédiée au travail des auteurs. En son temps, "La Messuguière" a également servi à attirer l'élite intel­lec­tuelle française et étrangère durant le XXe siècle.

Des trésors naturels et historiques 

La munici­palité saura aussi vous captiver par ses paysages, la vue depuis l'esplanade du château est extra­or­di­naire, tout comme son patri­moine. S'il ne reste que des ruines du fort bâti au Moyen Âge et du mur de l'enceinte, vous avez toujours la possi­bilité de voir le site préhis­to­rique à la Croix de Cabris ou encore le château Lobavov (XIXe siècle) et les nombreux édifices religieux.

Les amoureux de la nature aimeront programmer de belles randonnées pédestres dans les alentours, profitant de ce petit coin de bucolique qui a souvent souffert des péripéties de l'Histoire.

Les visiteurs non claus­tro­phobes ne résis­teront pas à la curiosité de parcourir le réseau de la grotte des Audides, soit deux kilomètres à 60 mètres sous terre. Stalactites et stalag­mites y prospèrent à côté d'un cours d'eau souterrain.

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