La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a vivement reproché mardi au député UDR Eric Ciotti, co-rapporteur d’une commission d’enquête sur les dérapages du déficit public, d’avoir succombé à la « théorie du complot » en accusant le gouvernement de « dissimulations » dans sa gestion des finances publiques.
Dans une interview accordée au Figaro lundi, soit deux jours avant la présentation à huis clos et le vote des conclusions de ladite commission, le député, allié du Rassemblement national, a notamment affirmé que le président Emmanuel Macron avait, en juin 2024, « dissous l’Assemblée nationale pour masquer l’ampleur du désastre budgétaire ».
Amélie de Montchalin a réagi sur X en partageant un extrait vidéo où Eric Ciotti réaffirme ses propos sur CNews/Europe1. Elle l’a directement interpellé : « Pensez-vous être à la hauteur du moment avec cette théorie du complot ? Elle n’est digne ni des crises sur lesquelles nous sommes mobilisés avec le président et le Premier ministre, ni des travaux de la commission d’enquête parlementaire. Notre démocratie et nos finances publiques méritent mieux ».
À l’inverse de son co-rapporteur issu de la majorité présidentielle, Mathieu Lefèvre, qui a parlé d’«une erreur technique lourde » plutôt que d’un calcul politique, Eric Ciotti a, dans son entretien, livré une lecture extrêmement critique des choix budgétaires ayant conduit aux importants dérapages du déficit public en 2023 et 2024.
« Ils ont lâchement tenté de s’exonérer de cette hécatombe des finances publiques en invoquant des considérations purement techniques, reposant sur leurs administrations », a accusé le député, ciblant particulièrement l’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire et l’ex-Premier ministre Gabriel Attal.
« Je dénonce une suite de dissimulations et de dénis fin 2023 et début 2024, malgré des alertes répétées. Le choix a été fait de limiter la communication sur l’ampleur des déficits », a poursuivi M. Ciotti.
Il a également fustigé l’absence d’informations transmises au Parlement lorsque les premières alertes ont été émises par les directions générales du Trésor et du Budget, dès la fin de l’année 2023.
Pour sa part, Mathieu Lefèvre estime qu’Eric Ciotti « tient aujourd’hui un propos de petite politique politicienne (…). Rien, dans le contenu des auditions menées, ne corrobore son analyse ».
Selon l’orientation politique des membres de la commission d’enquête et leur proximité avec l’exécutif, les responsabilités attribuées dans ce dérapage varient : gouvernement, agents de Bercy ou modèles de prévision macroéconomique. Une séance particulièrement tendue est attendue mercredi en commission des Finances de l’Assemblée nationale pour le vote du rapport. Ce rapport doit être rendu public le 16 avril.
(Avec AFP)






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