Au moins deux agents de l’antenne marseillaise de l’Office antistupéfiants (Ofast) ont été placés en garde à vue ce lundi dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), selon une source proche du dossier.
D’après Le Parisien, qui a révélé l’information, une enquête menée par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) vise plusieurs policiers de l’Ofast de Marseille. Cette procédure, ouverte pour « corruption, complicité d’importation de stupéfiants, vols en bande organisée et faux en écriture publique », cherche à établir d’éventuelles responsabilités au sein du service.
Dans le cadre de cette affaire, l’IGPN avait perquisitionné en avril 2024 les bureaux de l’antenne marseillaise de l’Ofast.
« C’est la hiérarchie qui a signalé des éléments nécessitant une vérification », avait alors confié une source policière à l’AFP.
L’enquête, qui porte notamment sur des soupçons de corruption, cible un groupe d’enquêteurs en raison « d’éléments jugés étranges » dans un dossier précis, selon cette même source. « S’il y a eu des dérives, il convient d’en déterminer la nature, et elles ne peuvent être qu’individuelles. »
Au cœur des investigations, selon Le Parisien, figure la disparition en 2023 d’une cargaison de 350 kg de cocaïne.
Ce chargement faisait l’objet d’une livraison surveillée, une technique d’enquête qui consiste à laisser entrer la drogue sur le territoire afin d’identifier tous les acteurs impliqués et de démanteler le réseau.
Mais dans ce dossier précis, les 350 kg de cocaïne se sont volatilisés, sans qu’aucun trafiquant ne soit identifié ni interpellé, rapporte Le Parisien.
L’IGPN cherche à déterminer si cette disparition résulte d’une négligence policière ou si elle s’inscrit dans un dispositif frauduleux mis en place à des fins de corruption, toujours selon le quotidien.
Après une forte hausse en 2022, le nombre d’enquêtes ouvertes par l’IGPN pour corruption a légèrement reculé en 2023 (derniers chiffres disponibles), passant de 56 à 49.
En revanche, les investigations liées aux détournements de fichiers poursuivent leur progression, atteignant 93 saisines en 2023 contre 56 l’année précédente, tout comme celles pour violation du secret professionnel (93 enquêtes en 2023 contre 74 en 2022).
Le 25 mars, le parquet a requis trois ans de prison, dont deux fermes, à l’encontre de Christophe D., 50 ans, un policier de l’Ofast jugé à Paris pour avoir transmis des informations confidentielles à un proche d’un narcotrafiquant en fuite à Dubaï. Le tribunal correctionnel de Paris rendra sa décision le 9 avril
(Avec AFP)






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