92 portraits de femmes qui réaffirment leur place dans la société et leur émancipation, tout près du Carnaval de Nice 2026. La photographe Sylvie Castioni a imaginé l’exposition Marianne(s) avec Annelise Stern, commissaire de l’agence Nana. Interview.
D’où vient l’idée de rendre cet hommage aux femmes ?
D’une forme de rupture, en 2016. Je travaillais dans la mode et j’ai appris que mon ancien meilleur ami abusait des mannequins que je photographiais… Le procès a été très difficile et l’évènement a fait remonter des traumatismes de mon enfance, jusque-là enfouis.
J’ai quitté le milieu, trop en désaccord avec le regard porté sur la « femme sexualisée ». Nous avons gagné en justice, et j’ai pris conscience de la force collective des femmes. On a gagné toutes ensemble. Avec cette sororité.
Pourquoi Marianne ? Que revendiquez-vous avec ces portraits ?
Pour représenter une figure nationale avec des corps multiples, montrer que sa force est en chacune de nous, d’où le « s » entre parenthèses de « Marianne(s)». Et lors du procès, sa figure était là aussi, figurant la liberté. D’autant que Marianne a été créée par des hommes, c’était encore plus symbolique de la choisir.

Je veux représenter la femme comme une entité politique, et non sexuelle. Les mœurs misogynes nous ont monté les unes contre les autres. Désormais, je veux affirmer que l’on est des alliées.
Bien que mon objectif soit clair, je me suis heurtée à une réalité : trouver des personnalités populaires dont l’âge, la couleur, la nationalité et la situation sont variées. Plus on grimpe dans les classes sociales, moins on voit de diversité.
L’art peut-il vraiment faire évoluer le regard porté ?
J’en suis persuadée, mais il faut continuer d’agir. Quand on prend le temps d’observer ces portraits, l’exposition est majoritairement composée de blanches, jeunes et minces. On a fait au mieux pour montrer le plus de corps, mais plusieurs ont annulé le shooting, par crainte de se dévoiler, notamment les plus âgées.
Des passantes se disaient même choquées de voir la nudité. Elles posent pourtant en recouvrant leurs seins avec leurs mains. Même entre femmes il y a un tabou. La société gomme aussi leur présence de l’espace public. On néglige trop le pouvoir de l’inconscient dans le développement d’une personne.
Cela étant, de nombreuses œuvres font bouger les choses. Tout un tas de films et de musiques aident à ouvrir les yeux sur les violences sexistes et sexuelles. De notre côté, on veut emmener Marianne(s) jusqu’à l’Assemblée nationale, la présidente Yaël Braun-Pivet (Renaissance) aurait ce souhait. Là encore, ce serait tout un symbole.
En savoir +
- Exposition Marianne(s)
- Par @sylviecastioni
- Commissariat : @agencenana
- Site web dédié










Vous prétendez défendre les femmes en les déguisant. Je respecte mon pays et la MARIANNE qui le représente. Cette exposition de photos fait parler d’une photographe peut-être en quête de notoriété et montre un adjoint estrosiste qui sort un sourire benêt. Les femmes méritent mieux que cet étalage navrant. 🇨🇵
« MARIANNE » c’est LA RÉPUBLIQUE … Décidément même la représentation de la FRANCE est bafouée. Il est évident que le RESPECT de notre pays ne fait pas partie des idées de certains. Cet adjoint proche d’Estrosi a l’air réjoui de voir cet étalage de ces nouvelles mariannes » . Celle qu’il a fait peindre en nouvelle version colorisée à l’Ariane (20m de haut) ne lui suffit apparemment pas ! 🇨🇵