Faits divers - Figure centrale du gang marseillais des « Blacks », spécialisé dans le narcotrafic, Chaer Ali Mohamed, 33 ans, comparaît depuis mardi devant la justice pour association de malfaiteurs. Il est soupçonné d’avoir fomenté un assassinat visant le chef d’un clan rival.
Dans l’ombre du violent affrontement entre les groupes Yoda et DZ Mafia, une autre guerre de territoires s’est ravivée après l’assassinat d’un membre des « Blacks » à la sortie d’un match de football amateur. En représailles, un homme réputé proche du réseau des Oliviers A, cité des quartiers Nord, a été brûlé vif.
Un mois avant sa sortie de prison en novembre 2021 – il purgeait alors une peine pour son rôle dans le trafic de drogue de la cité des Lauriers, fief des « Blacks » –, la police judiciaire a appris que Chaer Ali Mohamed aurait déclaré que « la guerre serait déclenchée » dès sa libération.
Pendant les onze mois qui ont suivi, jusqu’à son arrestation le 27 octobre 2022, il a été placé sous étroite surveillance. Les enquêteurs ont relevé son usage de 18 véhicules et sept lignes téléphoniques différentes, la sonorisation d’un véhicule, son ADN retrouvé sur un Glock, l’achat de vêtements noirs et de nombreuses balises de géolocalisation. Pour l’accusation, ces éléments démontrent qu’il préparait un règlement de comptes avec Djamal Soueffou, également sur le banc des prévenus.
La cible présumée de ce projet n’était autre qu’Eddy Mendil, devenu « patron » du trafic des Oliviers A. En octobre 2021, les accusés auraient réussi à placer une balise sur le véhicule d’une proche de sa compagne.
« Je n’appartiens à aucun clan », s’est défendu Chaer Ali Mohamed devant la cour, affirmant être un simple receleur de voitures volées. « J’essayais de repartir sur une bonne lancée, de redonner du sens à ma vie », a-t-il assuré.
Parmi les coaccusés figure une ancienne surveillante pénitentiaire qui reconnaît une relation amoureuse avec lui, tout en niant toute implication criminelle. « C’est ma chérie. L’enquête ne prouve rien contre elle. C’est juste une preuve qu’on s’acharne sur moi », a lancé Chaer Ali Mohamed en sa défense.
En février 2023, il a été mis en examen pour assassinat en bande organisée dans l’affaire de Mohamed Amra, évadé en mai 2024 lors d’une attaque de commando meurtrière sur l’autoroute. Par ailleurs, en avril 2024, il a été renvoyé devant la cour d’assises pour un triple homicide survenu en janvier 2009, lors des premiers conflits sanglants entre bandes rivales du narcotrafic marseillais.
(Avec AFP)





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