Pour le nouveau maire de Nice Eric Ciotti, « son courage, son sens du devoir et son sacrifice pour la liberté font de lui une figure majeure de l’histoire niçoise et des valeurs républicaines »…
Le bronze va bientôt figer le regard de Max Barel sur les hauteurs du port de Nice. Mercredi, la municipalité a tranché, une statue sera érigée en l’honneur de ce résistant communiste sur la place qui porte son nom.
Le maire Eric Ciotti, élu sous l’étiquette UDR avec l’appui du Rassemblement national, a choisi de répondre favorablement à une sollicitation du PCF des Alpes-Maritimes dirigé par Julien Picot. La section départementale avait formulé cette demande le 8 mai dernier. Une délibération sera présentée dans un futur proche au conseil municipal pour valider officiellement le projet…
Ce choix s’insère dans une politique mémorielle qui redistribue les honneurs dans l’espace public : en avril, l’édile avait déjà fait sensation en annonçant qu’il renonçait au « parvis Nicolas Sarkozy ». Ce projet, porté par son prédécesseur et rival Christian Estrosi, devait initialement orner l’entrée du futur hôtel des polices :

Un visage de bronze pour la Résistance
Max Barel n’est pas un inconnu pour les familles historiques du comté. Né en 1913 à Menton, il a gravi les échelons de l’excellence académique en fondant une cellule communiste au sein de l’école Polytechnique. Son engagement pour la France a débuté sous l’uniforme lors de la campagne de 1940, où il a reçu la croix de guerre.
Dès 1941, il a rejoint les rangs de la Résistance pour lutter contre l’occupant. Son parcours héroïque s’est tragiquement arrêté à Lyon en 1944. Max Barel y est mort sous la torture. Il était le fils de Virgile Barel, figure incontournable de la vie politique locale, qui fut député entre 1936 et 1978.
Dans son communiqué, le maire Eric Ciotti évacue l’étiquette politique de l’homme pour se concentrer sur l’exemple qu’il incarne. Pour lui, « son courage, son sens du devoir et son sacrifice pour la liberté font de lui une figure majeure de l’histoire niçoise et des valeurs républicaines ».
Du parvis Sarkozy à l’hommage aux victimes du 14 juillet
Cette statue n’est pas le seul changement de braquet à Nice. Le futur hôtel des polices, qui doit réunir en octobre les services de la police nationale et municipale, verra son esplanade baptisée en hommage aux 86 victimes de l’attentat du 14 juillet 2016. Ce lieu ne portera donc pas le nom de l’ancien chef de l’État issu de la même famille politique que le maire actuel.
L’hommage à Max Barel vient rompre une certaine tradition sur la Côte d’Azur, où les figures communistes sont rarement célébrées de la sorte. L’été dernier, à Saint-Raphaël, le maire Frédéric Masquelier avait provoqué une vive polémique en inaugurant une stèle dédiée aux victimes du « totalitarisme communiste »…
À Nice, la perspective est donc différente. Le PCF 06 a immédiatement réagi pour souligner l’importance de cet acte :
« À travers cet hommage, c’est toute une mémoire longtemps invisibilisée qui retrouve sa place dans l’espace public : celle des militants communistes, des ouvriers, des syndicalistes et des résistants qui furent en première ligne dans la lutte contre le nazisme et pour la libération du pays ».
La municipalité n’a pas encore précisé le nom du sculpteur ni la date exacte de l’inauguration.





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