Estrosi Vardon

Estrosi, Vardon et la “grande mosquée islamiste”

Le candidat RN accuse le maire d’avoir voulu “donner un grand terrain de la Ville aux islamistes.” Pure invention, répond Christian Estrosi

MUNICIPALES 2020 — Des années que traînait cette histoire de construction d’une grande mosquée à l’ouest de Nice. Un serpent de mer qu’on avait fini par un peu oublier… avant que Philippe Vardon (RN) ne la ressorte au débat des candidats sur France 3 le 25 février dernier. Rappel des faits.

Sur le plateau de nos confrères, le candidat du Rassemblement national interpelle le maire sortant sur le don d’un “terrain de 3.000m2 par la Ville dans la plaine du Var pour y construire une grande mosquée qui sera dans les mains de l’UOIF (‘Musulmans de France’ aujourd’hui, NDLR), les Frères musulmans islamistes.”

“Le maire a menti”

En réponse, Christian Estrosi affirme qu’il s’agit “d’une pure invention de Philippe Vardon.”

La chaîne sur laquelle est diffusé ce débat a justement fait un reportage il y a deux ans sur un projet de construction d’un lieu “cultuel et culturel” (vidéo ci-dessous).

En juin 2018, devant les caméras, Philippe Pradal, premier adjoint, a planté avec des imams un “olivier de la paix” sur le terrain qui devait accueillir le chantier.

Un projet dont le maire s’était réjoui chez Nice-Matin.

DR

Depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, le conseiller régional RN affirme donc que le maire “a sciemment menti aux Niçois.”

“La mairie n’a jamais eu de négociation avec l’UOIF”

Auprès de Rivieractu ce lundi 2 mars, Christian Estrosi réaffirme que “les propos tenus par Philippe Vardon lors du débat sont faux.”

“Je vous rappelle mon combat pour obtenir de l’Etat une DUP (Déclaration d’Utilité Publique, NDLR) afin d’expulser une mosquée, propriété de l’Arabie Saoudite, porteuse d’un islam dangereux. Des procédures sont d’ailleurs toujours en cours” commence le maire.

“Dans ce contexte, nous avions discuté avec l’association “la Fraternité” seule association reconnue par l’Etat sur notre territoire au titre de la loi 1905, présidée alors par Boubekeur Bekri , vice-président du Conseil Régional du Culte Musulman PACA. La mairie n’a jamais eu de négociation avec l’UOIF. Suite à la démission de M. Bekri de cette association, ce projet n’a pas connu de début d’exécution et aucun bail n’a été signé concernant ce terrain avec qui que ce soit.” 

Pas de signature de bail

Sur une photographie que M. Vardon nous a communiqué, on voit Philippe Pradal signer des documents en compagnie de représentants de cette association, “La Fraternité.”

“Rien à voir avec un bail !” assure la Ville. “La seule chose qui a été validée ce jour-là, c’est un protocole d’accord qui n’a aucune valeur juridique : c’était purement protocolaire.”

Et pour ce qui est de la photo de l’adjoint du maire, stylo à la main? Il s’agissait “de la signature d’une convention autorisant les musulmans à occuper un local comme lieu de prière provisoire…”

“Ce que nous explique la mairie, c’est qu’au final ils ont promis le don d’un terrain pour y construire une mosquée… qui n’a jamais vu le jour puisqu’ils n’ont jamais tenu cette promesse ! Mais cela ne change rien, je n’ai rien inventé” lance Philippe Vardon.

“Et pour les liens avec l’UOIF, c’est clairement de l’enfumage. Peu importe qu’on nous parle de cette association ‘La Fraternité’, si au final des membres d’organisations islamistes liées aux Frères musulmans y siègent ! (Otmane Aissaoui, délégué départemental de l’ex-UOIF, a fait partie du projet, NDLR). Il n’y a que le nom qui change, cela ne trompe personne.”


Débat sur les mosquées niçoises

Ce n’est pas la première fois que la construction d’un lieu de culte pour les musulmans (60.000 à Nice environ) fait polémique. Pendant de longs mois, après 2016, le maire s’est ainsi opposé à la mosquée En-Nour, dont il “doutait de l’origine des financements.”

Cette question n’avait pas été l’un des sujets majeurs de la campagne niçoise jusqu’à présent. En octobre, le candidat socialiste avait pour autant fait des propositions à contre-courant sur l’islam.

Assurant qu’il voulait “que les musulmans de Nice se sentent aimés”, il avait dénoncé le fait que “souvent, la radicalisation naît d’un sentiment d’exclusion sociale. Il faut travailler là-dessus”, ne fermant pas la porte à une réflexion sur le nombre de lieux de culte à Nice.

“Une mosquée, c’est une sécurité. Le danger, c’est l’islam des caves, qui, lui, porte les germes de la radicalisation parce que les textes n’y sont pas expliqués correctement” développait-il. “Le seul fait de ne pas avoir de lieux pour exercer son culte décemment, c’est humiliant. Il faut étudier les choses pour savoir si à Nice il y a assez de mosquées.”

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