Le Premier ministre François Bayrou inaugure lundi à Marseille une conférence visant à trouver des solutions pour financer les transports et infrastructures jusqu’en 2040, sans surcharger davantage les finances publiques.
Une conférence pour financer les transports et infrastructures
Cette conférence a pour objectif de dégager des pistes sur les financements des mobilités et infrastructures pour la période 2026-2040. « Il s’agit de sortir des scénarios sur les financements des mobilités et des infrastructures sur la période 2026-2040 », résume Dominique Bussereau, le président de cette conférence baptisée Ambition France Transports.
Des besoins financiers colossaux
Les besoins sont colossaux pour financer le développement des transports collectifs nécessaires à la décarbonation des déplacements, ainsi que pour l’entretien des infrastructures vieillissantes (routes, rails, ponts, gares), dont la dégradation s’accélère à cause du changement climatique.
Selon un rapport publié en 2023 par les sénateurs Hervé Maurey et Stéphane Sautarel, les déplacements des Français et le transport de marchandises nécessiteront environ 100 milliards d’euros d’ici 2030, pour le fonctionnement et les investissements.
« Si on veut faire de la transition écologique en France, il faut faire plus de trains de fret, plus de transports publics, plus de camions électriques, plus de voies fluviales », énumère M. Bussereau, ancien secrétaire d’État aux Transports.
Des ateliers pour des solutions durables
Ambition France Transports, lancée lundi à Marseille par François Bayrou, sera organisée sous forme de quatre ateliers réunissant élus, professionnels et économistes. L’un portera sur le financement des transports du quotidien, notamment les Services express régionaux métropolitains (Serm), un autre sur la mobilité routière et l’avenir des concessions autoroutières, un troisième sur le ferroviaire, et un dernier sur le fret.
L’objectif est de trouver « un système de financement durable, robuste et pérenne », explique une source gouvernementale. Le financement des projets d’infrastructures doit répondre à l’écart grandissant entre les besoins et les ressources disponibles.
Le défi des concessions autoroutières
Les concessions autoroutières arrivent à échéance entre 2031 et 2036. « Il faudra que les ressources dégagées par les autoroutes soient clairement fléchées vers le secteur des transports », a affirmé Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports.
Les sociétés concessionnaires, comme Vinci, Eiffage et Abertis, génèrent environ 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an et assument de nombreux investissements, dont l’installation de bornes électriques sur les aires d’autoroute.
Le retour de l’écotaxe poids lourds ?
Un autre sujet sensible sera le retour de l’écotaxe poids lourds, abandonnée en 2013 après un tollé général. « Si elle avait été maintenue, on aurait six milliards de plus par an actuellement, donc on n’aurait pas besoin de faire une conférence », a rappelé Dominique Bussereau.
Le retour de cette mesure est soutenu par l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF), qui la défendra lors des discussions.







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