Voici un élu qui défend ses convictions, même si elles sont parfois jugées contradictoires par certains. À Nice, Gaël Nofri est aujourd’hui l’un des quelques adjoints incontournables de l’équipe Estrosi, où il représente l’aile conservatrice. Lutte contre le « wokisme », polémique sur la statue de Jeanne-d’Arc… Rencontre.
« Eh bien oui, avec plaisir. » C’est servi d’un verre de vin du domaine de Bellet que Gaël Nofri reçoit Nice-Presse Dimanche, depuis l’un des somptueux salons du château de Crémat. Comme un symbole, pour évoquer cette passion viscérale qu’il entretient avec l’histoire de France, ses traditions, son terroir. Un héritage qui l’a conduit à s’engager politiquement, au début des années 2000.
Avant même qu’elle ne soit contestée devant la justice, la simple installation d’une statue représentant Jeanne d’Arc à Nice a créé un débat. Qu’est-ce que cela dit de la société, selon vous ?
Ce débat n’a pas lieu d’être. L’installation d’une œuvre d’art face à l’église Jeanne d’Arc est une évidence, historique et symbolique. Refuser cela, sous prétexte qu’elle serait une « icône d’extrême droite », c’est absurde. Elle appartient à tous les Français. Cette polémique révèle les conséquences néfastes d’un demi-siècle de discours soixante-huitard. Crise d’identité, perte de repères, refus de l’histoire. Commémorer, ce n’est ni nostalgique ni réactionnaire. Au contraire, c’est essentiel.
Vous y avez vu une « dérive woke ». Elle vous freine réellement dans vos projets ?
Le maire, Christian Estrosi, n’est pas du genre à se laisser intimider par ces idéologies. Quand nous avons inauguré le quai Napoléon Ier (au port, ndlr) et annoncé l’arrivée d’une statue en son honneur, tout s’est très bien passé. Les gens doivent être fiers de leur histoire. On doit combattre cette culpabilisation permanente qui mine notre société.

Peut-on dire que c’est un attachement conservateur qui guide votre action ?
C’est l’histoire qui m’a conduit à la politique. J’assume entièrement cet attachement conservateur. L’enracinement est la base de toute action politique, et cela devrait être une évidence. C’est devenu un sujet, puisque ça ne l’est plus. Pendant longtemps, la question patrimoniale a été négligée au profit d’une idéologie qui voulait faire table rase du passé.
Je suis conservateur, pas réactionnaire. Il s’agit de reconnaître le travail et l’héritage civilisationnel, tout en étant capable d’évoluer. Quand c’est nécessaire. Comme disait un ancien ministre de la culture, « ce n’est pas en détruisant la moisson que l’on favorise la semence ».
Comment appliquer ça à une grande ville comme Nice ?
Ici, l’enjeu est d’entretenir et de réparer un patrimoine exceptionnel, tout en répondant aux défis contemporains, notamment celui des mobilités. Avec Christian Estrosi, nous avons recensé tout le mobilier urbain afin de préserver l’identité propre à chaque quartier. On ne s’interdit pas non plus l’innovation : regardez la fresque monumentale réalisée par César Malfi dans le parking Gorbella. L’histoire fera elle-même le tri de ce qui mérite d’être conservé.
Pourtant, le développement de l’Ouest ne fait pas l’unanimité !
Au contraire, je trouve formidable ce qui est fait dans la Plaine du Var, contrairement aux polémiques récurrentes. Pour la première fois, nous créons en tirant les enseignements du passé : nous avons commencé par les infrastructures avant d’y implanter habitations, commerces et écoles. Cette démarche est exemplaire, car elle répond aux besoins sans les contraintes des quartiers anciens.

Avant de justement rejoindre Christian Estrosi et de beaucoup compter dans son équipe, vous avez connu l’ex-Front national. Pourquoi ce virage ?
Je n’ai pas commencé ma carrière au FN, j’ai démarré avec Charles Pasqua, avec une droite gaulliste et souverainiste. Après sa retraite politique, j’ai cru que Marine Le Pen pouvait ouvrir le Front national à de nouveaux horizons. Je suis resté moins de trois ans. Je me suis vite rendu compte que le FN n’était qu’une addition de mécontentements sans cohérence, ce que j’appelle le populisme. La politique exige du courage et une cohérence. Ce que l’on ne retrouve ni là-bas, ni chez Éric Zemmour.
Vous sembliez pourtant très proche d’Éric Zemmour…
Je le connaissais à travers ses livres. Éric Zemmour confond théorie et politique. Un exemple concret : sa polémique sur les prénoms. D’un point de vue historique, l’évolution des prénoms est intéressante pour comprendre les influences culturelles. Mais transformer ça en stigmatisation d’un enfant dont les parents ont fait un choix intime, c’est irresponsable.
Que répondez-vous à ceux qui vous traitent d’opportuniste ?
Je répondrais que si nous sommes aujourd’hui en République, c’est grâce aux républicains opportunistes. Si l’opportunisme consiste à saisir des occasions pour faire avancer ses idées et le bien commun, alors oui, je l’assume totalement.
Notez que je n’ai jamais changé de convictions : je suis resté fidèle à mes idées gaullistes et souverainistes, sans n’avoir aucune fidélité à un parti politique. Ce ne sont que des outils, pas des finalités. Vous n’avez qu’à voir les petits chauves qui crient « fidélité au parti ! », et qui finissent eux-mêmes par le quitter en le poignardant un soir sur un plateau de télé… Le maçon n’est pas fidèle à sa truelle, mais à l’idée du mur.

Quel regard portez-vous sur la majorité municipale, qui ratisse si large ?
Une municipalité doit être l’agora d’une ville. C’est normal d’y retrouver des idées et des divergences. Je travaille très bien avec mes collègues venus de la gauche ou du centre. La politique, c’est défendre une idée du bien commun, pas satisfaire un segment d’électorat sur les réseaux sociaux. Cela fait trois mandats, bientôt quatre, que Christian Estrosi est élu avec pour seule étiquette Nice. Ceux qui pensent autrement sont des radicalisés qu’il ne faut pas écouter.
Éric Ciotti est donc un « radicalisé », selon vous ?
C’est évident ! Quelqu’un qui s’enferme seul avec sa chaise dans son bureau est un radicalisé. N’importe quel médecin vous le dira…
La question cash - Vous étiez opposé au « mariage pour tous » et aviez promis de ne célébrer aucune union gay en tant qu’adjoint au maire. Des années plus tard, avez-vous finalement marié des couples homosexuels ?
«Non, je ne l’ai jamais fait. Je ne suis pas opposé à une union entre deux personnes du même sexe, mais le mot « mariage » porte une symbolique particulière liée à une institution religieuse laïcisée par la République, fondée sur la procréation. Je reste persuadé que l’on aurait pu éviter d’humilier une partie des Français en optant pour une union distincte du mariage. Comme disait Emmanuel Macron lui-même, ‘on a eu tort d’humilier une partie de la France’. Sur ce point, et c’est rare, je suis totalement d’accord avec lui. »



C’est un president
Ses dires sur la plaine du var sont numismatiques. Enrolé au front souverain, 3 ans de gaieté, rempart contre les maures ? Je dis à vous que c’est un probe. Je n’avais pas une bourgade à construire, j’envoie un des miens voir son chateau ou les bons auberges qui donnent vu aux liquidités de mon comté. C’est pour dire que les Marrais d’icy vont prendre place au tableau des peintres, fresque du mouvement de carrosse à la principauté.
Valeur, bons auspices, tradition.
Mensonge !
Gael Nofri, ne dit pas la vérité et ne fait rien pour préserver et défendre les traditions niçoises
Muriel Vitetti