Inscrit au titre des monuments historiques, le Couvent de la Visitation accueille depuis peu un hôtel premium. Le cinq étoiles a été inauguré en juin après deux années de travaux.
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Les établissements haut-de-gamme fleurissent un peu partout dans notre cité. Du côté du Vieux-Nice, l’hôtel du Couvent accueille ses clients depuis une vingtaine de jours maintenant. Un spa, trois restaurants, une piscine, un grand jardin… Ce complexe cinq étoiles était particulièrement attendu, mais pas par tout le monde.
Lancé depuis une dizaine d’années, le projet porté par l’entrepreneur Valéry Grégo, fondateur du groupe Perseus, a suscité des inquiétudes du côté des riverains. Certains craignaient que l’ensemble soit dénaturé ou que leur tranquillité soit bouleversée. Une pétition avait même été lancée. Mais alors trois semaines après l’ouverture de cet hôtel, quels sont les retours ? Les craintes persistent-elles ? Nous sommes allés à la rencontre des Niçois.

« Ça a pris du temps, mais c’est bien »
Françoise se balade et jette un coup d’œil. D’après elle, « le bâtiment est très beau et bien restauré. Ça fait vingt-cinq ans que je suis ici, j’ai vu l’ancien couvent : ça a pris du temps, mais c’est bien ». Elle vit juste à côté, dans la rue des Serruriers. Face à son immeuble, de grandes persiennes, des volets repliables, ont été installés.

« Quand j’ai vu ça pour la première fois, j’ai été choquée. Mais je m’y suis faite, je me dis que ce sont des volets niçois. Le vert est peut-être un peu trop sombre… Mais avec la lumière, ça ira ».
Ce complexe de luxe va « apporter un plus à ce quartier. Je pense que ça va inciter à rénover certains bâtiments. Ça peut aussi engendrer une dynamique ». Prochainement, elle ira « prendre un café, pour voir l’intérieur ».

Justement, un peu plus loin, Anick et Andreina, deux Niçoises, en sortent tout juste. « On est venues faire les curieuses, on voulait voir de quoi il s’agissait. Quand on est arrivées devant la porte, ils nous ont dit que l’on pouvait visiter le lieu. Ils nous ont indiqué le chemin vers les jardins. On a vraiment eu la sensation que c’était ouvert aux Niçois. Tout le monde était très sympa, et l’endroit est agréable. On va suivre les différents événements qui seront organisés ».

Paul, quant-à-lui, n’a pas eu autant de chance. « Je voulais aller le visiter, tout le monde en parle. Mais on m’a dit que ce n’était pas possible, qu’il fallait consommer sur place ».
En revanche, cet habitant du quartier constate que depuis l’inauguration, son quotidien « n’est pas vraiment impacté ». Pour contribuer à la vie locale, un marché avec des producteurs locaux est promis pour la mi-juillet.
« On n’en voulait pas »
Anna habite juste à côté : « les travaux ont été très longs et douloureux pendant deux ans. Ils ont également refait toute la place devant l’entrée, ça été compliqué pour nous ». Autour, « ce sont des vieux immeubles. J’ai appris par la presse que des gens avaient été évacués. Je pense que les travaux ont remué beaucoup de choses. Chez moi, il y a des failles, ma porte a bougé…»
Et à présent ? « Je trouve que ça a vraiment changé la dynamique de la rue. Il y a des voiturettes qui passent pour apporter les valises des touristes. Je retrouve moins le Vieux-Nice. On ne croise plus les mêmes personnes… On peut parler de gentrification ».

Denise fait partie de ceux qui avaient signé la pétition contre l’hôtel. « On n’en voulait pas. Maintenant, on n’a plus de vue, il y a ces volets devant nous. C’est un peu spécial, je dirais même que c’est laid…».
« On est un peu rassurés : ça reste très calme. On avait peur que tout soit bruyant. Ce n’est finalement pas le cas…». Peut-être trop silencieux ? « Avant, on voyait le château, les jeunes venaient jouer au foot, un peu plus loin, il y avait le clos de boules… Aujourd’hui, il n’y a plus rien de tout ça. L’hôtel a tout remplacé ».










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