L’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui a succédé à l’ISF, devrait générer 2,2 milliards d’euros de recettes en 2024, marquant ainsi « une hausse de 11% des recettes par rapport à 2023 », selon les précisions apportées mardi par l’administration fiscale.
Cet impôt concerne les contribuables possédant un patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d’euros, une fois appliqué l’abattement de 30% sur la résidence principale.
La hausse des recettes provient principalement de l’augmentation du nombre de foyers désormais assujettis à l’IFI. Selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP), ils sont passés de près de 176.000 en 2023 à environ 186.000 en 2024.
La valeur moyenne du patrimoine net déclaré par foyer, estimée autour de 2,5 millions d’euros, est restée relativement stable, affichant toutefois une progression de 2% sur un an, note la DGFiP.
Depuis 2018, l’IFI a remplacé l’impôt de solidarité sur la fortune, un dispositif mis en place en 1981 et supprimé au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. À la différence de l’ISF, qui imposait aussi les actifs financiers, l’IFI ne concerne que le patrimoine immobilier. Les taux appliqués sont progressifs, variant de 0,50% à 1,50% selon le montant du patrimoine déclaré.
Les dons effectués dans le cadre de la déclaration IFI, qui peuvent sous certaines conditions ouvrir droit à une réduction d’impôt, ont connu une augmentation de 6% en 2024, atteignant environ 200 millions d’euros.
Les foyers assujettis à l’IFI disposent de revenus nettement plus élevés que la moyenne : ils ont déclaré en moyenne 281.000 euros de revenus pour l’année 2023, contre 34.000 euros pour l’ensemble des foyers fiscaux.
Si les recettes de l’IFI progressent depuis sa création – elles s’élevaient à 1,9 milliard d’euros en 2018 –, elles restent néanmoins en deçà de celles générées autrefois par l’ISF, qui rapportait autour de 5 milliards d’euros en 2017.
Dans un contexte de lutte renforcée contre la fraude, le ministre de l’Économie Eric Lombard a affirmé en mars vouloir faire « évoluer la contribution des hauts patrimoines pour lutter contre la suroptimisation fiscale ».
« Nous travaillons à trouver un mécanisme de lutte contre le contournement et les abus les plus caractérisés, notamment sur les patrimoines, et l’idée d’un taux d’impôt minimum paraît bonne », a également déclaré la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, dans un entretien au Dauphiné.
(Avec AFP)





