Un guide de haute montagne a été condamné lundi à deux ans de prison avec sursis pour homicides involontaires, à la suite de la mort de quatre de ses clients emportés par une avalanche survenue en mars 2018 dans le massif du Mercantour.
Le tribunal correctionnel de Nice a suivi les réquisitions du parquet. S’il a estimé que la sortie en montagne, bien que programmée malgré un risque d’avalanche de niveau quatre sur cinq, n’était pas en soi déraisonnable, il a retenu des fautes caractérisées dans la gestion de la situation avant et après le drame.
Ce guide de 68 ans, reconnu pour son expérience et sa prudence, ancien formateur de guides aujourd’hui à la retraite, se voit également interdit d’exercer toute activité liée à cette profession pendant cinq ans.
Il devra verser près de 150.000 euros de dommages et intérêts aux proches de la plus jeune des victimes, constitués partie civile.
Le 2 mars 2018, il encadrait un groupe de cinq clients, dont certains qu’il connaissait depuis des années, lorsqu’une avalanche a fauché quatre d’entre eux, âgés de 39 à 65 ans. Cette tragédie est devenue la plus meurtrière de l’hiver en France.
Lors de son procès en janvier dernier, le guide avait reconnu avoir commis « des erreurs » sans pour autant parler de « faute ». Conscient des signes de danger, il s’apprêtait à demander au groupe de rebrousser chemin lorsqu’il s’est momentanément éloigné pour aller vérifier les conditions plus en amont, laissant ses clients en bordure d’une forêt.
C’est à ce moment qu’une première avalanche a emporté le groupe, avant qu’une seconde, quasi simultanée, ne l’engloutisse à son tour. Il n’a survécu que grâce à de longs efforts pour se dégager.
Il est ensuite parvenu à extraire une randonneuse ensevelie jusqu’à la taille et a découvert deux corps inanimés. Jugeant toute tentative de secours inutile, il s’était éloigné pour trouver du réseau et alerter les secours.
Dans son verdict, le tribunal a considéré qu’il aurait dû opter pour un itinéraire plus sûr, faire demi-tour plus tôt et espacer les randonneurs dans la forêt au lieu de les regrouper à sa lisière. De plus, il a été reproché au guide d’avoir précipitamment conclu à la mort des victimes, réduisant ainsi leurs infimes chances de survie
(Avec AFP)






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