Pascal Gomez Galeote, considéré comme le chef présumé d’un groupe criminel impliqué dans le narcobanditisme marseillais, a été libéré à la fin du mois de mars à la suite d’une « erreur humaine », selon les déclarations du procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence à l’AFP. Condamné en octobre dernier à cinq ans d’emprisonnement pour corruption, il avait été placé en détention provisoire dans l’attente de son procès en appel.
Franck Rastoul, procureur général, a confirmé une information révélée par Le Canard enchaîné en précisant que « cette situation résulte d’une erreur humaine dans le calcul des délais de prolongation de la détention ». Le 17 octobre, le tribunal de Marseille avait reconnu Pascal Gomez Galeote, âgé de 45 ans, coupable de corruption active et de recel en bande organisée. Il avait été condamné pour avoir soudoyé un ancien agent de la DGSI, connu sous le pseudonyme « Haurus », lequel vendait en 2017 et 2018 des données sensibles issues des fichiers de police sur le darknet.
Arrêté au moment de l’audience, Gomez Galeote avait également écopé d’une amende de 40.000 euros. En raison de l’appel interjeté par ses avocats, il restait placé en détention provisoire. Or, le 24 mars, il a été libéré à la suite d’une requête de son avocate, Christine D’Arrigo. Cette dernière a fait valoir que la première période de quatre mois de détention provisoire n’avait pas été renouvelée dans les délais légaux.
Franck Rastoul a expliqué que le délai de prolongation de la détention provisoire est fixé à six mois pour certaines infractions commises en bande organisée, mais n’est que de quatre mois pour l’infraction spécifique de recel en bande organisée, ce qui est précisément le cas de cette affaire.
Il a ajouté que « cette erreur, évidemment regrettable, traduit la charge pesant sur les magistrats traitant de la criminalité organisée, confrontés dans un contexte difficile à des dispositions procédurales complexes et à des contentieux de plus en plus nombreux ».
Il a précisé que « la personne ainsi remise en liberté a été placée sous contrôle judiciaire et sera jugée dans les délais prévus ». Me D’Arrigo a réagi en déclarant : « En réalité cette erreur permet de revenir à une situation normale, à savoir que la loi prévoit que le principe c’est la liberté, dans l’attente du procès, et non pas la détention provisoire », en soulignant que le casier judiciaire de son client reste, à ce jour, vierge.
Déjà mis en examen dans plusieurs enquêtes en lien avec le crime organisé, Pascal Gomez Galeote est soupçonné d’assassinat, de complicité d’assassinat et de tentative d’assassinat. Après près de six années passées en détention provisoire pour ces trois dossiers criminels, la Cour de cassation avait ordonné sa remise en liberté début octobre 2024, jugeant le délai avant jugement excessif. Il s’était alors présenté à l’audience dans le cadre du procès Haurus, onze jours après sa libération.
(Avec AFP)





