Le député de Nice Éric Ciotti défenseur contesté de l’institution policière

Eric Ciotti député LR des Alpes-Maritimes
Photo : Éric Ciotti / DR

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Le “monsieur-sécurité” des Républicains se montre très investi depuis des années dans la défense des policiers, victimes de conditions de travail souvent précaires et d’une significative hausse des agressions. Mais dans le contexte des manifestations contre les violences policières, ses propos ont, ces derniers jours, jeté de l’huile sur le feu d’un débat déjà sous tension.

SOCIÉTÉ — “Il n’y a pas de violences policières dans notre pays, il n’y a que des policiers qui font respecter les lois!” Les propos du député de Nice, le 4 juin, ont enflammé les réseaux sociaux. Jeudi dernier, l’organisation de deux marches contre les violences policières font polémique à Nice. Le RN les accuse de “communautarisme” et de “comportements anti-police”, le préfet rappelle l’interdiction de manifester et promet “un dispositif spécial” pour empêcher ces rassemblements.

Mais Éric Ciotti ne compte pas jouer l’apaisement : “Je récuse le terme de violences policières. (…) Certains profitent de ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis pour importer chez nous un conflit qui n’a pas lieu d’être” lance-t-il, mettant de côté, notamment, la hausse significative du nombre d’enquêtes ouvertes par l’IGPN, la police des polices, depuis des années.

Ce refus d’accepter le terme de “violences policières” tombe mal au moment où la président de la République Emmanuel Macron demande au ministère de la Justice de faire la lumière sur la mort du jeune Adama Traoré, emporté le jour de ses 24 ans lors d’une interpellation controversée en 2016. La prise en main du dossier par le chef de l’État suit une énorme manifestation organisée par la famille du défunt à Paris la semaine dernière. Elle aurait réuni 19.000 personnes.

Une récente proposition de loi du député Éric Ciotti a fracturé davantage encore l’opinion publique. Dans son texte, il propose ainsi d’interdire “la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, de l’image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires, de policiers municipaux ou d’agents des douanes” sous peine d’une condamnation à 15.000 euros d’amende et un an d’emprisonnement.

Objectif? Lutter contre le “policier bashing qui se développe dangereusement”.

Comme le rapporte “Le Monde”, l’idée du député LR des Alpes-Maritimes a lancé “un véritable tollé”. Plus de 300.000 signatures ont même été réunies sur une pétition déposée contre cette proposition de loi sur la plateforme Change.org.

Dans un communiqué, co-signé par une vingtaine d’associations et de journaux indépendants, le Syndicat national des Journalistes (SNJ) s’oppose vivement à l’anonymat des forces de l’ordre qui participerait de leur impunité : “Sans ces vidéos, la réalité des violences policières resterait trop souvent invisibilisée, niée dans son existence même”, explique le texte.

Le ministère de l’Intérieur a assuré la semaine dernière qu’il ne soutenait pas le proposition défendue par Éric Ciotti et les syndicats policiers.

L’énoncé de cette initative a provoqué des huées contre le député ce week-end à Nice lors d’une manifestation antiraciste.

Invité de BFMTV ce matin, M. Ciotti a toutefois admis qu’il pouvait y avoir des “dérapages individuels” chez les policiers.

“Il y en a eu, il faut les combattre, mais dire que c’est la police qui est violente, non, jamais”, a-t-il affirmé.

“Qu’est-ce qu’on veut? Une société où il n’y a plus de police? Une société où s’assoit la loi des communautés, des bandes, de la violence, du plus fort qui domine? Ce n’est pas cette France que je souhaite, personnellement. Ce n’est pas ma France”, a-t-il insisté.

Suivant les réclamations des nombreux manifestants qui ont défilé à travers la France ce week-end (Marseille, Paris, Nice,…), le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner annonce ce lundi soir la fin de la méthode d’interpellation dite “de l’étranglement” et promet une “tolérance zéro” contre le racisme dans les forces de l’ordre.

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