Christophe Mirmand a été nommé ministre d’État de Monaco par le prince Albert II, signant le retour à un profil préfectoral classique pour diriger le gouvernement monégasque.
Le palais princier a annoncé jeudi la désignation de Christophe Mirmand comme chef du gouvernement de Monaco. Âgé de 63 ans, ce haut fonctionnaire prendra ses fonctions le 21 juillet, avec pour mission de ramener de la stabilité après plusieurs mois marqués par l’incertitude et les polémiques.
Un profil expérimenté pour ramener le calme
Ancien élève de l’ENA, Christophe Mirmand a exercé les fonctions de préfet dans plusieurs régions françaises : Alpes-Maritimes, Corse, Bretagne et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Avant sa nomination, il occupait depuis janvier le poste de directeur de cabinet du ministre des Outre-mer, Manuel Valls.
« Sa grande expérience, son professionnalisme et sa rigueur constituent des atouts déterminants pour accompagner la principauté dans ses défis actuels et à venir », a précisé le palais princier dans un communiqué.
Retour à un choix institutionnel
Le ministre d’État est nommé par le prince et est traditionnellement issu de l’administration française. Il a pour rôle de diriger la politique du Rocher et de gérer le quotidien de la principauté, qui compte quelque 38.000 habitants. Le choix de Mirmand marque un retour aux profils gestionnaires, après une parenthèse plus politique.
L’an dernier, Albert II avait surpris en nommant Didier Guillaume, ancien ministre de l’Agriculture et sénateur, rompant avec la tradition préfectorale. Ce dernier avait rapidement gagné en popularité à Monaco, mais son mandat a été brutalement interrompu par son décès en janvier.
Une succession chahutée par les tensions
Après le décès de Didier Guillaume, le prince avait mis cinq mois à désigner Philippe Mettoux, juriste reconnu, ancien conseiller d’État et ex-directeur juridique de la SNCF. Mais ce dernier a finalement renoncé fin juin, à quelques jours de sa prise de fonction prévue le 4 juillet.
Dans un communiqué, il dénonçait « des forces négatives et contraires déjà à l’œuvre pour faire perdurer les pratiques archaïques du passé ». Une déclaration qui faisait écho aux querelles judiciaires persistantes à Monaco, où d’anciens proches du prince, écartés du pouvoir, dénoncent la domination croissante du promoteur immobilier Patrice Pastor.
L’Élysée en coulisses du renoncement
Selon les informations relayées par La Lettre et le Canard Enchaîné, la décision de Mettoux aurait surtout été influencée par des pressions venues de l’Élysée. Le palais présidentiel n’aurait pas été préalablement consulté sur ce choix, et aurait incité le prince à revoir sa décision, ajoutant une nouvelle couche de tension dans les hautes sphères monégasques.
Avec AFP










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