Municipales à Nice : un “non-débat” trop pédago

Au petit jeu du “tous contre Estrosi”, les candidats n’ont pas réussi, dans l’ensemble, à donner une vraie version alternative et désirable de notre ville

PARTI-PRIS — Un temps fort de la campagne. Nice-Matin réunissait hier soir sur son plateau les huit candidats déclarés dans la course à la mairie, dans une émission en direct retransmise sur les réseaux sociaux. 30.000 personnes ont assisté aux deux heures de live.

Peu de vrais échanges

Alignés en rang d’oignons (avec un petit côté conférence RH), les prétendants s’étaient semble-t-il donné le mot : haro sur le maire sortant. Renfrogné, le nez dans ses papiers, Christian Estrosi (LR) avait l’air d’avoir été traîné là par la main. Il a fallu le temps des conclusions pour qu’il se mette à sourire.

À droite-droite-droite du plateau —le hasard de l’ordre alphabétique— Philippe Vardon (RN) a montré, encore une fois, sa grande maîtrise de la communication. Punchlines prévues à l’avance, arguments massue… Le candidat du Rassemblement national s’est toutefois rapidement heurté à une limite un peu incompréhensible de ce débat qui n’en fut pas trop un : il n’y avait qu’un seul micro pour tout le monde et le dispositif n’était pas du tout prévu pour qu’un élu interpellé par un autre puisse lui répondre. Si bien qu’il était impossible d’entendre les réponses vociférées par les uns et les autres. Beaucoup des tacles de M. Vardon ont ainsi eu l’air de ne trouver aucun écho aux yeux (et surtout aux oreilles) des téléspectateurs. Dommage.

Posé, appliqué, incisif, Patrick Allemand (Nice au coeur) a fait figure d’habitué de l’exercice. Dans une version un peu plus scolaire, Juliette Chesnel-Leroux (Nice écologique) a également pu présenter avec efficacité son programme. Pourquoi remplaçait-elle sa tête de liste Jean-Marc Governatori, pourtant présent dans le public? Mystère et boule de gomme.

Révélation, s’il en est, de la soirée : on a senti de belles années de métier pour l’avocate Mireille Damiano (Viva!). Caractère affirmé, précision, arguments impeccablement amenés, répartie ciselée… incontestablement la performance la plus rafraîchissante du tour de table pour nous.

Christian Razeau (Animalistes) en avait presque oublié ses animaux tant son agacement pour le maire sortant transparaissait à chaque intervention (“son autosatisfaction est franchement pénible à entendre, ça laisse pantois…” a-t-il lâché dans un silence de mort).

À son côté, Benoit Kandel (DLF, CNIP), à la façon d’un oncle un peu gênant dans un repas de famille, revenait pointer les responsabilités —contestables— de l’attentat de Nice (plusieurs fois), sans qu’il n’y ait aucun rapport avec le débat actuel. Très dispensable.

Valéry Sohm, de l’UPR, est visiblement tombée dans son fauteuil sans trop savoir où elle allait, débitant par intermittence des phrases sans verbe.

Une émission bien “frustrante”

Que ressort-on du débat? Organisé comme un “grand oral” des candidats, chacun a pu débiter son programme avec un temps suffisant (sans toutefois souffrir de trop de contradiction).

Rien de nouveau n’y a été proposé, chacun venant faire peu ou prou le service après-vente de ses propositions déjà connues. Un exercice utile pour l’électeur qui n’aurait suivi que de loin la campagne en cours. Amateur de joutes politiques et d’échanges animés, il fallait repasser.

Noyés dans leur chiffres et leurs études, brandissant des papiers gribouillés une fois sur deux, les candidats, n’ont, dans l’ensemble, pas su dominer le débat avec une vision réellement claire et différente de la gestion de l’équipe actuelle. Le maire est apparu crispé par une attitude défensive peu emballante. Personne n’en ressort avec un réel avantage sur les autres. Frustrant.

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