La mise en place du comité d’organisation des JO d’hiver Alpes-2030 s’avère plus complexe que prévu. Après les nombreux rebondissements autour de la désignation d’Edgar Grospiron, la nomination du directeur général, initialement attendue ce lundi, a finalement été repoussée d’une semaine, alors que l’urgence se fait sentir.
La feuille de route semblait pourtant claire : nomination prévue lundi soir à la suite d’un bureau exécutif, puis première conférence de presse programmée mercredi à Lyon. Mais comme souvent avec Alpes-2030, le calendrier n’a pas été respecté et la désignation a été différée.
D’après plusieurs sources, Cyril Linette, ancien patron du PMU et de L’Équipe, tiendrait la corde. Et selon un élu souhaitant garder l’anonymat, « ce report n’est pas dû à un désaccord sur le nom ». « Ça fait un peu amateur certes, mais c’est plutôt un couac de communication. C’est toutefois révélateur : pour l’instant, la structure n’est pas opérationnelle et ça urge », ajoute-t-il.
Coïncidence ou non, Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, a profité de la présentation de son rapport sur le Mondial de rugby 2023, mardi matin, pour adresser une critique directe à Alpes-2030. Il a affirmé que les recommandations concernant la clarification des règles de nomination à la tête des comités d’organisation s’appliquaient « en priorité » au projet olympique.
La nomination officielle devrait désormais être actée le 14 avril, à l’occasion de l’inauguration du siège de la Solidéo, la société en charge des infrastructures olympiques, à Marseille.
Cette nomination est attendue avec impatience par plusieurs élus engagés dans le projet, qui s’inquiètent de l’absence prolongée d’un directeur général, et plus généralement d’une organisation encore hésitante.
« Cela va accélérer les choses, avec notamment le recrutement des différents directeurs exécutifs », confie une source gouvernementale.
« Il faut siffler un peu la fin de la récré parce que tout cela a flotté un peu », reconnaît une source proche d’Alpes 2030.
Une fois le directeur général en poste, Edgar Grospiron pourra se concentrer plus efficacement sur la carte des sites de compétition — l’un de ses chantiers prioritaires — dont la présentation est attendue le 23 juin. Et le sujet s’annonce particulièrement délicat.
Les discussions se poursuivent en coulisses pour ménager les sensibilités et les attentes des élus, alors que deux régions sont concernées : Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
« Au moment de l’affinage, chacun veut essayer de tirer son épingle du jeu, et ça discute énormément, c’est normal », a expliqué cet élu sous couvert d’anonymat.
Début avril, lors d’un déjeuner avec des journalistes, Renaud Muselier, président de la région PACA, est revenu sur une « discussion un brin tendue » avec Laurent Wauquiez, alors président de la région ARA, au sujet de la répartition des sites lors du montage du dossier de candidature.
Le dossier initial remis au CIO identifiait quatre grands pôles de compétition : Nice, Briançon, Courchevel-Méribel-La Plagne, et Le Grand-Bornand.
Ces dernières semaines, Val d’Isère, absente de la première mouture, semblait en bonne voie pour être intégrée, selon plusieurs sources. Mais Renaud Muselier a tenu à nuancer cette perspective. « Si vous remettez Val-d’Isère, il y aura Isola 2000 », a-t-il averti, en évaluant à une trentaine de millions d’euros le coût d’ajout de la station savoyarde, que Jean-Claude Killy souhaite ardemment voir réintégrée.
« Il va falloir faire attention à ce qu’il y ait une cohérence fonctionnelle », prévient également cet élu. « On comprend finalement que pas mal de villes souhaitent faire les JO malgré les critiques, et c’est plutôt bien. Mais attention à ne pas faire n’importe quoi. Il ne faut pas éclater davantage cette carte », plaide-t-il.
Et pour Edgar Grospiron, plus la carte sera stabilisée rapidement, plus il pourra s’attaquer à un autre chantier crucial des Jeux : la recherche de partenaires. Ce levier financier est essentiel pour un événement structurellement déficitaire. Le comité d’organisation vise environ 600 millions d’euros de revenus marketing, tandis que l’État a confirmé une participation de 362 millions d’euros sur un budget global qui devrait dépasser les 2 milliards.
(Avec AFP)






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