Une information judiciaire a été ouverte à Paris sur des frais d’hôtel de luxe engagés lors du Festival de Cannes 2023 par des dirigeants de France Télévisions, dont sa présidente Delphine Ernotte Cunci. À l’origine, une plainte d’un syndicat de l’audiovisuel qui dénonce plus de 110 000 euros de dépenses. Le groupe public assure, lui, ne pas avoir utilisé d’argent public.
Le dossier refait surface et prend désormais une tournure judiciaire. Une juge d’instruction parisienne a été saisie afin d’enquêter sur des nuitées dans des établissements de luxe à Cannes, en mai 2023, à l’occasion du célèbre festival de cinéma. Dans le viseur, des séjours attribués à plusieurs dirigeants de France Télévisions, parmi lesquels sa présidente Delphine Ernotte Cunci.
Une information judiciaire ouverte pour « détournement et abus de biens sociaux »
L’information judiciaire a été ouverte pour détournement de biens publics et abus de biens sociaux, selon une source proche du dossier, confirmant une révélation du média La Lettre. Cette procédure intervient après plusieurs démarches du syndicat national des personnels de la communication et de l’audiovisuel CFE-CGC.
Le syndicat évoque plus de 110.000 euros de frais d’hôtel de luxe réglés par le groupe audiovisuel public au bénéfice de plusieurs responsables, ainsi que de deux fondateurs du média en ligne Brut, partenaire de France Télévisions durant le Festival de Cannes. Dans sa plainte, il dénonce une « somme extravagante » dépassant « très largement le plafond spécifique autorisé de 350 euros ». Les éléments avancés s’appuient sur des factures publiées anonymement sur internet.
France Télévisions invoque la pratique du « barter »
De son côté, France Télévisions se dit « parfaitement serein ». Le groupe affirme que « pas un euro d’argent public » n’a été « dépensé » pour ces hébergements. Depuis la révélation de l’affaire, la direction soutient avoir bénéficié d’un dispositif de « barter », une pratique consistant à obtenir des services en échange d’espaces publicitaires invendus.
Une position que Delphine Ernotte Cunci avait réaffirmée le 10 décembre devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Interrogée par le rapporteur Charles Alloncle et la députée Caroline Parmentier, elle avait défendu le recours à cette méthode, présentée comme une « pratique courante, légale et utilisée par tous les médias », selon le groupe public.
Un syndicat déterminé à obtenir des auditions
Le syndicat à l’origine des plaintes avait d’abord saisi le parquet en février 2024, avant de déposer une plainte avec constitution de partie civile trois mois plus tard afin d’obtenir la désignation d’un magistrat instructeur. Cette étape est désormais franchie.
Son secrétaire général, Jean-Jacques Cordival, estime qu’«il était grand temps que la justice se penche sur ce dossier ». Il se montre sceptique face à l’argument d’un « soi-disant échange Chambres d’hôtel 4 étoiles contre pub ». L’avocat du syndicat, Me Pierre-Olivier Lambert, indique pour sa part qu’«nous nous attendons à ce que Delphine Ernotte Cunci soit personnellement entendue ».
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










Je comprends que la télé Française ne diffuse plus le DAKAR au profit de certains privilégiés.