Personnage iconique d’Hyères, Alexis Godillot a laissé son empreinte en ville. On le remarque particulièrement dans ces constructions de somptueux bâtiments datant de la fin du XIXe siècle. Des biens devenus de véritables témoins du foisonnant passé de la cité.
Natif de Besançon, Alexis Godillot tient sa réputation des fameuses chaussures militaires inventées par ses soins. Le manufacturier est d’ailleurs passé à la postérité pour avoir eu la brillante idée de différencier le pied gauche du pied droit, et d’avoir lancé une révolution avec la semelle en cuir, mettant un terme à celles en bois, nettement moins confortables.
De quoi lui permettre de faire fortune grâce, entre autres, à la guerre de Crimée (1853-1856), durant laquelle il équipe l’armée en tentes, selles et avec ses fameux « godillots ». Ses origines modestes étant désormais derrière lui, il profite de l’argent amassé pour s’installer dans le Var, particulièrement à Hyères. C’est alors qu’entre en piste une autre facette de son savoir-faire…
Homme clé de l’urbanisme hyérois
Il entreprend ainsi à partir des années 1880 de moderniser, de développer et d’étendre tout un pan de la commune, situé à l’Ouest. Officiellement, ce secteur n’a pas d’appellation, mais on le connaît à présent sous le nom de quartier Godillot. Un privilège pour lui avoir donné sa physionomie actuelle.
Son rôle est en effet capital dans la mise en valeur de cette zone de la commune. On lui doit de nouvelles rues, des avenues, mais aussi du mobilier urbain, dont des bancs. Surtout, il fait ériger des fontaines, dont l’une emblématique sur l’artère portant son nom. C’est le sculpteur Mathurin Moreau qui se charge de sa réalisation.
La surprenante et majestueuse maison Saint-Hubert

Mais il est aussi l’instigateur de ravissantes demeures au style Belle Époque. Elles sont dispersées dans les ruelles hyéroises, à l’image de la maison Saint-Hubert, qui sera sa résidence. C’est son architecte attitré, Pierre Chapoulart, qui réalisera ce projet en 1882. Pour la créer, il choisit de fusionner deux villas existantes, qui deviendront un imposant hôtel particulier.
Une œuvre originale, notamment pour ses extérieurs, avec sa façade mêlant inspirations normandes avec des tourelles et du bois, les lucarnes et tableaux de l’architecture classique et la céramique du style mauresque.
Des éléments disparates sur le papier, mais qui trouvent ici une certaine harmonie. Les plus observateurs d’entre vous auront également repéré les vitraux cachant le salon d’hiver, ainsi que les initiales d’Alexis Godillot, ancrées dans la porte.
Villas aux styles éclectiques

Non loin de là, dans une ambiance bien différente, se dresse de toute sa hauteur la Villa Mauresque. Dans un cadre plus exotique, elle permettra de recevoir les réceptions de l’entrepreneur, qui la louera aux hivernants lors de ses absences. Son environnement végétal d’une grande richesse - orangers, palmiers, yuccas - la rend unique. On dit même qu’elle aurait reçu la reine Victoria.
On peut pareillement évoquer la Villa Tunisienne. Toujours signée du même binôme, elle rayonne dans le paysage.
Cette resplendissante habitation est conçue par et pour Pierre Chapoulart, qui y vivra et y installera son agence. Face à ce monument, qui ne se visite pas, on a l’impression d’observer un palais oriental.
Parmi les autres trésors d’Hyères, citons la très belle Tour Jeanne, un immeuble au décor éclectique datant de la fin du XIXe siècle. Il a abrité au sein de ses quatre étages le siège de l’English Bank. Une preuve supplémentaire de l’impact d’Alexis Godillot sur l’urbanisme hyérois.






Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.