La chambre régionale des comptes (CRC) n’a relevé aucune irrégularité manifeste, mais a pointé plusieurs « points de faiblesse » dans la gestion municipale de Fréjus, dirigée par David Rachline, vice-président du Rassemblement national (RN), soupçonné de malversations. Ce rapport a été rendu public jeudi soir.
« Sur le fond, aucune irrégularité substantielle n’est à déplorer dans les procédures de passation des marchés publics », a réagi M. Rachline dans une réponse intégrée au rapport de la CRC de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca).
Toutefois, « l’examen de la commande publique met en évidence des points de faiblesse », a conclu la chambre.
Ainsi, les procès-verbaux d’analyse de la commission d’appel d’offres apparaissent « lacunaires », alors qu’ils devraient refléter « le déroulé des réflexions ».
Par ailleurs, la CRC souligne un nombre insuffisant d’offres, conséquence de délais de publicité jugés peu adaptés : des appels d’offres publiés mi-décembre 2019 pour une attribution début janvier, ou encore en plein été, mi-juillet 2022 pour début septembre, n’ont abouti qu’à une seule candidature. Dans ce dernier cas, l’offre unique était supérieure de 30 % à l’estimation initiale.
Pour les marchés de moindre envergure, la municipalité a mis en place une commission d’attribution, initiative saluée par la CRC, car « de nature à garantir la transparence, la cohérence et la sécurité juridique des procédures ». Néanmoins, la chambre estime que la ville doit encore préciser les règles de fonctionnement de cette commission.
Fréjus, station balnéaire de 57 000 habitants administrée par M. Rachline depuis 2014, a longtemps été présentée comme un modèle du projet lepéniste, le parti y organisant régulièrement ses rentrées politiques.
Mais en novembre 2023, la journaliste Camille Vigogne Le Coat a porté de graves accusations contre cette gestion dans son ouvrage « Les Rapaces » (éditions Les Arènes), évoquant des enveloppes d’argent liquide, des marchés truqués et des arrangements avec un influent entrepreneur local du BTP.
Pour M. Rachline, ces affirmations relèvent « de pures inventions », attribuées à « une journaliste d’extrême gauche orchestrant une campagne de dénigrement ».
Le maire de Fréjus doit comparaître en septembre pour prise illégale d’intérêts et fait l’objet d’une enquête préliminaire pour corruption, diligentée par le Parquet national financier.
« Fréjus, 9e ville de France où investir, 16e ville la plus sécurisée de France, (…) 4e ville la plus verte de France, (…) est une ville où il fait bon vivre », a-t-il réaffirmé jeudi dans un communiqué.
Mais elle est aussi une ville surendettée, a souligné la CRC après avoir examiné les comptes de 2019 à 2023, mettant en avant une situation financière encore « tendue » malgré une « maîtrise des dépenses de fonctionnement ».
En cinq ans, la dette de la commune est passée de 128 à 151 millions d’euros, soit une hausse de plus de 18 %, tandis que les impôts locaux ont grimpé de 28 %, atteignant 55 millions d’euros en 2023.
(Avec AFP)






Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.