EXCLUSIF – Un rapport met en cause la gestion de la métropole Nice Côte d’Azur

Dans un rapport de la Chambre régionale des comptes, “confidentiel” jusqu’à demain et dont Nice-Presse a consulté une copie, la gestion de la Métropole Nice Côte d’Azur est sévèrement critiquée sur plusieurs points.
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MÉTROPOLE — Le conseil métropolitain du vendredi 27 novembre pourrait être agité. Dans un long document (plus de 200 pages) qui sera dévoilé demain, la Chambre régionale des comptes (CRC) de Provence-Alpes-Côte d’Azur a évalué la gestion globale de la métropole Nice Côte d’Azur. Il s’agit du premier contrôle d’ampleur de cette structure, créée le 1er janvier 2012 et toujours présidée par Christian Estrosi.

Le rapport d’observations souligne un certains nombre d’efforts, de réalisations et de progrès depuis la création de ce regroupement de 49 communes maralpines.

Si l’on ne s’intéresse qu’aux trains qui n’arrivent pas à l’heure, l’évaluation pointe différents “retards”, sur les transferts de compétences entre les communes et la métropole, notamment sur l’organisation de la “compétence tourisme” (dont le “financement reste à clarifier”).

Des maires, frileux à l’idée de perdre leur Office de Tourisme au profit de celui de la métropole auraient contribué à retarder le processus, alors même que ce secteur d’activité économique est crucial pour la zone concernée, avance le document.

Au niveau des personnels, “l’évolution des charges reste maîtrisée” note la CRC, même si, en définitive, “plusieurs mutualisations” n’ont pas conduit à une “baisse des effectifs” ce qui est pourtant l’une des utilités de ces structures.

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La Chambre relève également des “pratiques irrégulières dans le domaine des ressources humaines, parmi lesquels le recours abusif à des contrats de vacataires ou le versement d’indemnités accessoires non fondées juridiquement”.

Parmi ses recommandations, l’organisme recommande ainsi à la Métropole Nice Côte d’Azur de “mettre fin au paiement des indemnités pour exercice d’activités accessoires de l’intérêt public ayant un caractère irrégulier” et de “mettre un terme aux contrats irréguliers de vacataires”.

À ce même chapitre, nos confrères de Mediapart (qui ont également eu ce rapport entre les mains avant sa parution) ont publié une enquête hier, le 25 novembre, au sujet de trois agents de la Métropole.

Le site d’investigation accuse le maire Christian Estrosi de “contourne(r) les règles de la fonction publique pour recruter au prix fort des personnalités utiles à sa carrière politique.” Ainsi, les services de certains agents auraient été “achetés” alors qu’ils seraient “plus utiles à la carrière politique personnelle (du maire de Nice) qu’à la collectivité dans son ensemble.”

Pour formuler ces accusations, le média de gauche cite plusieurs exemples. Le premier est celui de Franck Louvrier, 52 ans, ancien conseiller du président de la République Nicolas Sarkozy. Expert en relations publiques, il a été recruté comme “chargé de mission au service de la métropole” en 2018, bien qu’il n’ait “aucun rapport avec Nice”. Il travaillera depuis l’antenne parisienne de la Métropole Nice Côte d’Azur — dont Mediapart met d’ailleurs en doute l’utilité, malgré son coût de 500.000 euros par an.

“L’activité et l’impact de cette représentation métropolitaine (à Paris) ne sont néanmoins que difficilement mesurables et ne sont pas retracés dans le rapport d’activité annuel” a-t-on d’ailleurs lu dans le rapport de la CRC.

M. Louvrier aurait été “payé 5.000 euros brut par mois (hors primes)” pour rédiger des notes, préparer et animer des réunions. Il devient ensuite le directeur de la communication et des relations institutionnelles de la maison de la métropole de Nice à Paris, jusqu’à sa démission il y a deux mois — il est parti loin de la Côte d’Azur se consacrer à son mandat de maire de La Baule (Loire-Atlantique). Mediapart pointe un poste “sur mesure, créé dans l’opacité”.

Est reproché le fait que l’homme n’est pas un fonctionnaire, ce qui est pourtant recommandé pour l’exercice habituel de ce type de fonction, afin d’“éviter tout copinage”.

Mediapart aborde également le cas de deux autres agents (un ex-préfet et un ancien haut magistrat) aux rémunérations d’environ 5.000 euros mensuels “pour un nombre d’heures correspondant à un mi-temps” et dont “la nature du travail n’a pas pu être documentée”.

Les deux expliquent avoir rendu “des rapports confidentiels à Christian Estrosi” qui ne peuvent, par nature, être transmis à la Chambre régionale des comptes.

L’exécutif métropolitain devrait commenter les conclusions de ce rapport, dont il conteste plusieurs points, demain à l’occasion du conseil de la Métropole.


Lire aussi : l’article de nos confrères de Mediapart par ici

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