Le procès de 22 accusés, impliqués dans un vaste trafic international de stupéfiants en lien avec la mafia calabraise, s’est ouvert lundi à Marseille, révélant un réseau aux ramifications s’étendant du sud de la France à la région parisienne, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas.
Jusqu’au 21 mars, ils comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des faits tels que « l’importation de stupéfiants, notamment de résine de cannabis et de cocaïne, en bande organisée », « l’association de malfaiteurs en vue de l’exportation de produits stupéfiants en bande organisée » ainsi que le « blanchiment » des fonds issus de ce trafic.
Six des prévenus sont jugés en détention, dont Patrick Viegas, 36 ans, présenté comme le chef du réseau et placé à l’isolement carcéral depuis quatre ans. Il est poursuivi aux côtés de son ancien partenaire et homme de confiance, Rémy Elisa, 36 ans. Sa compagne au moment des faits, Worowan Jitklang, 42 ans, figure également parmi les accusés.
Vêtu entièrement de noir, hormis d’élégantes lunettes à monture transparente et verres teintés, Patrick Viegas a brièvement pris la parole après son avocat, Me Bruno Rebstock, qui a plaidé la nullité de la procédure en raison d’anomalies relevées dans l’ordonnance de renvoi.
« Il y a des phrases qui sont (…) vraiment incompréhensibles », a-t-il dénoncé, pointant notamment le fait que les noms des pays européens où les prévenus auraient voyagé pour se fournir en stupéfiants ou en armes, livrer des marchandises ou récupérer de l’argent, sont systématiquement remplacés par la mention « France ».
L’enquête à l’origine de la découverte de ce trafic d’envergure avait débuté par un banal contrôle douanier en juin 2018. Ce jour-là, une « mule » transportant 20 kg de cannabis avait été interceptée à Lunel, dans l’Hérault.
Les activités du réseau, qui s’étendait notamment dans le Var et les Alpes-Maritimes, impliqueraient des liens directs avec la ‘Ndrangheta, célèbre organisation mafieuse italienne, dont certains membres sont implantés dans les Alpes-Maritimes.
Les déplacements de Patrick Viegas et Rémy Elisa, effectués avec des véhicules de location, ont été méticuleusement retracés par les enquêteurs. Ces derniers ont établi qu’ils s’approvisionnaient, directement ou via des intermédiaires, en stupéfiants en provenance d’Espagne, d’Italie, des Pays-Bas et de Belgique, avant de les redistribuer. Pour les confondre, la police a exploité de nombreuses interceptions téléphoniques, des mises sur écoute de leurs domiciles et véhicules, ainsi que des dispositifs de géolocalisation.
(Avec AFP)






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