Des véhicules ont été incendiés sur le parking de la prison de Tarascon et un hall d’immeuble a été la proie des flammes en région parisienne, illustrant une nouvelle série de dégradations visant l’univers pénitentiaire ce mercredi, dans le cadre d’une enquête antiterroriste d’ampleur qui n’écarte aucune hypothèse.
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Ces faits interviennent dans la foulée d’actions coordonnées contre plusieurs prisons en France, où des véhicules ont été incendiés, et à Toulon, où des tirs à l’arme automatique ont visé la porte d’entrée de l’établissement sans faire de blessés.
Aux alentours de 5h20, trois véhicules ont été incendiés devant la maison d’arrêt de Tarascon (Bouches-du-Rhône), sur un parking spécifiquement réservé au personnel, clôturé, isolé et dont l’accès est protégé par un digicode, selon les précisions du procureur Laurent Gumbau.
Ces dégradations ont été ajoutées à la procédure confiée au parquet national antiterroriste (Pnat), en charge de centraliser les faits survenus depuis dimanche.
Certains cherchent à intimider nos personnels pénitentiaires et s’attaquent avec une violence inadmissible aux établissements. Ils seront retrouvés, jugés et punis.
Notre troisième force de sécurité intérieure accomplit une mission essentielle…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 16, 2025
D’après une source policière, toutes les pistes sont actuellement à l’étude, y compris celle d’une opération pilotée depuis l’étranger.
Sur la plateforme X, le président Emmanuel Macron a fermement condamné ces actes en déclarant que ceux qui « cherchent à intimider » les surveillants et « s’attaquent avec une violence inadmissible » aux établissements pénitentiaires seront « retrouvés, jugés et punis ».
Aucune inscription n’a été relevée sur les lieux à Tarascon, contrairement à d’autres incidents survenus ces derniers jours, où au moins 21 véhicules ont été tagués ou incendiés. Des messages énigmatiques tels que « DDPF », acronyme présumé pour « défense des droits des prisonniers français », ont été repérés, ainsi qu’un marquage « DDFM » sur la façade de la prison de Toulon.
Dans les Bouches-du-Rhône également, un véhicule appartenant à un surveillant du centre pénitentiaire d’Aix-Luynes a été détruit par les flammes dans la nuit de mardi à mercredi, devant son domicile, selon les informations croisées du Pnat et d’un représentant syndical.
Une autre action notée mercredi matin va dans le même sens : dans un hall d’immeuble de Seine-et-Marne, où réside une surveillante, un incendie a éclaté. Des tags « DDPF » ont été retrouvés sur les murs, renforçant l’idée d’un ciblage délibéré du personnel pénitentiaire.
« Il y a manifestement des gens qui essaient de déstabiliser l’État en intimidant », a dénoncé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, invité sur CNews/Europe 1, à propos de l’affaire de Tarascon.
Il a toutefois précisé qu’«il n’y aurait pas eu de nouvelle nuit bleue comme on l’a vu hier, qui était évidemment absolument inacceptable ». Le ministre s’était rendu la veille à la prison de Toulon pour témoigner de son soutien aux agents.
Selon lui, ces attaques pourraient être une réponse au projet de création d’un régime de détention ultra-sécurisé pour les principaux narcotrafiquants du pays, qui seraient isolés dans des établissements spécifiques.
La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a mentionné cette hypothèse du narcotrafic à l’issue du Conseil des ministres, tout en soulignant qu’aucune certitude ne permettait de l’établir pour l’instant.
Dans ce contexte tendu, les surveillants de prison contactés par l’AFP font part d’un climat d’angoisse croissant.
« Là c’est la première fois de ma carrière que je me retourne en sortant de mon service et que je fais attention à ce qui se passe sur le parking », confie une surveillante du nord de la France, avec 22 ans de service au compteur.
Âgée de 47 ans, elle explique désormais rentrer chez elle « en fermant à clé » et avoue son « doute sur la capacité de l’État à faire en sorte d’assurer notre sécurité », demandant à garder l’anonymat pour des raisons de sûreté.
Emmanuel Baudin, secrétaire général du syndicat FO-Justice, signale que des vidéos ont circulé sur Telegram. On y voit des agents, des boîtes aux lettres, et certains surveillants sont identifiés nommément. Les vidéos viseraient principalement des personnels de la région Sud, bastion de puissants réseaux de narcotrafic.
Telegram a réagi en supprimant ces contenus. Dans un communiqué diffusé à la mi-journée, la plateforme affirme que « la publication d’appels à la violence et de menaces est explicitement interdite par les conditions d’utilisation » et que « ses modérateurs ont supprimé tous les messages concernés immédiatement après avoir été alertés et continuent de surveiller la situation ».
Sur un canal revendiquant la « défense des droits des prisonniers français » (DDPF), un groupe affirme vouloir se déployer « dans toute la France ». Il rejette toute affiliation terroriste et soutient être là « pour défendre les droits de l’homme à l’intérieur des prisons ».
Mardi soir, un homme a été interpellé dans l’Essonne, selon le parquet d’Évry. Il est soupçonné d’avoir relayé sur Telegram un message incitant à des dégradations, mais rien ne le relie formellement au groupe DDPF. Sa garde à vue a été levée, tandis que l’enquête se poursuit.
(Avec AFP)



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