Accusé de viols et d’agression sexuelle sur quatre patientes en état de sidération, Marc A., psychiatre de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, âgé de 52 ans, a contesté en bloc les faits qui lui sont reprochés, lundi, à l’ouverture de son procès devant la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône.
Face à lui, sur le banc des parties civiles à Aix-en-Provence, trois jeunes femmes – la quatrième intervenant en visioconférence – sont venues témoigner. Toutes assurent avoir été victimes de viols ou d’agressions sexuelles de la part du médecin, dans son cabinet, soit sur la chauffeuse, soit sur son bureau, après qu’il avait verrouillé la porte.
Atteintes de bipolarité, de schizophrénie ou en état dépressif, ces femmes particulièrement vulnérables ont évoqué auprès des enquêteurs l’état de sidération qui les avait paralysées au moment des faits. « J’étais comme un robot, comme une marionnette », a insisté l’une d’elles.
Dans l’attente des auditions prévues mercredi, une autre femme a été entendue lundi, cette fois en tant que témoin. Étudiante en sixième année de médecine à l’époque des faits, elle avait entretenu une relation avec l’accusé entre septembre 2013 et mars 2015.
Elle n’avait pas porté plainte à l’époque, convaincue que « pour (elle), il était intouchable ». Lors de l’interpellation et de la mise en examen de Marc A. en 2020, sa constitution de partie civile a néanmoins été rejetée, au motif que leur relation « ne s’inscrit pas dans un contexte de relation patient-psychiatre ». Une décision judiciaire dont l’avocate générale, Vinciane de Jongh, a exprimé des regrets publics lors de l’audience.
Devant la cour criminelle d’Aix-en-Provence, présidée par Roger Arata – magistrat ayant dirigé le procès des viols de Mazan à Avignon entre septembre et décembre –, la témoin, aujourd’hui médecin gériatre, a décrit des scènes d’étranglement et des rapports sexuels violents imposés par l’accusé.
Elle a évoqué une « forme de soumission chimique », affirmant que Marc A. lui prescrivait de la Ritaline, un puissant psychostimulant, ainsi que d’autres substances « pour l’aider à se concentrer ». « Sans ces médicaments, jamais je n’aurais entamé une relation avec lui », a-t-elle témoigné.
Poursuivant son récit, elle a décrit certains délires de l’accusé, expliquant qu’il lui « disait qu’elle lui volait du sperme et qu’elle le donnait à d’autres pour qu’elles enfantent des enfants à haut potentiel intellectuel comme lui ».
Lundi, les experts judiciaires entendus à l’audience ont dressé le portrait d’un accusé souffrant de troubles bipolaires, justement la spécialité du Dr Adida. Ils ont évoqué des épisodes de « décompensation de type hypomane » caractérisés par une désinhibition psycho-comportementale et un sentiment de toute-puissance.
Jugé pour des viols commis en abusant de l’autorité que lui conféraient ses fonctions, Marc A. encourt une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu jeudi.
(Avec AFP)





