Jordan Bardella a réclamé lundi "une majorité absolue" du RN à l'Assemblée nationale "pour gouverner", en estimant que "personne" ne peut croire "qu'on pourra changer le quotidien des Français avec une majorité relative", dans un entretien au Parisien.

"Je dis aux Français : pour nous essayer, il nous faut la majorité absolue", a insisté celui qui est pressenti pour entrer à Matignon en cas de succès du RN aux légis­la­tives des 30 juin et 7 juillet.

Le président du Rassemblement national a esquissé les princi­pales mesures mises en œuvre en cas d'accession au pouvoir, notamment l'abrogation de la réforme des retraites "à partir de l'automne".

M. Bardella s'était jusqu'alors montré flou, jugeant encore la semaine dernière que le sujet n'était pas "priori­taire".

Lundi soir, son nouvel allié Eric Ciotti avait pourtant estimé au 20H de France 2 qu'"il (n'était) pas dit que la réforme des retraites sera abrogée", en renvoyant aux "marges de manœuvre qui seront données" par un audit des finances publiques.

"C'est le RN qui conduit cette coalition", lui a indirec­tement répondu M. Bardella, en prônant par ailleurs de permettre à "ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans de partir à la retraite avec 40 annuités à un âge légal de départ de 60 ans".

A propos de la baisse de la TVA sur les énergies et le carburant, qu'il entend faire passer de 20 à 5,5%, le patron du RN entend la mettre en œuvre dès cet été, via un projet de loi de finances recti­fi­catif lors d'une session parle­men­taire extra­or­di­naire. Cette dernière ne pourrait toutefois se tenir qu'après un décret signé par le président de la République.

Le chef de file des lepénistes renvoie en revanche la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité à "un second temps".

Côté recettes, le grand vainqueur des élections européennes d'il y a dix jours propose de supprimer des "niches fiscales", notamment celles sur les armateurs, et abaisser de 2 milliards d'euros la contri­bution de la France au budget de l'Union européenne.

Jordan Bardella entend également ressus­citer les peines planchers en matière de stupé­fiants et atteintes aux personnes déposi­taires de l'autorité publique, et réitère sa propo­sition de suspendre les alloca­tions familiales aux parents de mineurs délin­quants récidivistes.

La suppression du droit du sol et le rempla­cement de l'aide médicale d'Etat par un fonds d'urgence qui "ne couvrira que les urgences vitales" sont aussi au programme.

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