Soirée de la honte sur (la place de) la République

Un camp de migrants provisoirement installé place de la République a été violemment évacué par les forces de l’ordre cette nuit. Sur place, des élus ont été nassés et des journalistes ciblés par des violences. Cet évènement gravissime intervient dans un contexte d’attaques répétées du gouvernement contre les libertés individuelles, et plus, particulièrement, contre les journalistes de notre pays.
police
Illustration, Pierre Herman

pollution air Nice

Ne ratez aucune info avec notre newsletter

Une fois par semaine, l'essentiel de l'actu qui vous concerne

SOCIÉTÉ — Les images sont tellement sidérantes que le ministère de l’Intérieur a immédiatement demandé à ce que toute la lumière soit faite sur les agissements de la police hier soir à Paris.

Il y a quelques heures, un nouveau campement de plusieurs centaines de migrants, installé place de la République, à Paris, a été (très) rapidement démantelé par les forces de l’ordre. Les réfugiés — des Afghans pour la majorité — en question sont arrivés là après avoir expulsés d’un autre campement de fortune, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), également évacué par la police, sans solution de repli.

Sous “l’oeil” des caméras des reporters présents, les tentes des réfugiés ont été saisies par la police. Ceux qui étaient à l’intérieur étant jetés par terre. Des gaz lacrymogènes ont été lancés contre eux, des grenades de désencerclement tirées.

La préfecture a recommandé aux migrants de se diriger vers les centres d’accueil de jour tout en condamnant leurs “campements inacceptables”. Après la fin de cette opération, vers 21h30, des militants associatifs, des élus, notamment de la Ville de Paris, ainsi que des avocats étaient encore sur place, avec de nombreux journalistes.

Le célèbre reporter de Brut Rémy Buisine, a été “pris à la gorge la première fois, violemment projeté là seconde fois” puis violenté et maintenu au sol par des policiers.

Rémy Buisine frappé

Un policier met un coup de pied à un manifestant

“L’Etat donne de lui-même un spectacle lamentable” en apportant “une réponse policière à une situation sociale”, a commenté auprès de l’AFP Ian Brossat, adjoint de la mairie de Paris. “La seule réponse des autorités, c’est la force. Et la force, en période de crise sanitaire, ce n’est pas acceptable”, ajoute Corinne Torre, responsable de Médecins sans frontières.

Face à ces faits dramatiques, le ministère de l’Intérieur a donc rapidement demandé un “rapport circonstancié” promettant de “prendre des décisions rapides”. Ce sont les images des journalistes présents qui ont permis de saisir l’ampleur de la situation, ce que reconnaît implicitement Gérald Darmanin par son tweet.

Des milliers de Français sont d’ailleurs descendus dans la rue dans plusieurs villes françaises depuis plusieurs jours pour protester contre l’article 24 du projet de loi sur la “sécurité globale” porté par Beauveau. Le texte, s’il est vendu comme une protection pour les policiers pourrait en réalité porter gravement atteinte à la liberté de la presse, accusent les syndicats de la profession. Les images d’hier soir auraient-elles pu être saisies par les journalistes présents si cette loi était en vigueur? Le doute demeure.

Mardi 17 novembre, le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU a fait part de ses “sérieuses préoccupations” au sujet de ce texte controversé. Reporters sans frontières a également condamné l’initiative, alors que la Commission européenne a émis un rappel à l’ordre à l’encontre le France concernant la liberté de la presse, indiquant suivre la situation “de près”.

Actus, bons plans, échanges, photos,..., rejoignez les 4,500+ membres de notre groupe Facebook Nous, les Niçois!
Publicité
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ÇA POURRAIT VOUS INTÉRESSER
pollution air Nice

Ne ratez aucune info!

Inscrivez-vous à notre newsletter

Total
3
Share