Au milieu du plan de la Préfecture des Alpes-Maritimes pour « restaurer la sécurité du quotidien », un bilan assez complet de la situation du narcotrafic sur le sol maralpin. Une vision d’ensemble accompagnée d’un programme d’actions, parfois un peu flou, pour 2025.
Concernant la sécurité, à la fois nationale et plus locale, il existe deux grands axes prioritaires aux yeux des autorités. L’immigration illégale et le trafic de stupéfiants sont deux thématiques majeures pour le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui fait suivre ses consignes aux préfets.
Dans les Alpes-Maritimes, Hugues Moutouh applique de manière drastique la politique voulue par Beauvau. Le 21 février dernier, il présentait son « plan de restauration de la sécurité du quotidien ». Un document dans lequel on retrouve quelques chiffres, un peu d’annonces, mais surtout beaucoup de généralités et peu de nouveaux moyens.
Néanmoins, le texte est loin d’être dénué d’intérêt, puisqu’il dresse une photographie plutôt complète du narcotrafic azuréen. Ce fléau était l’un des points noirs du dernier rapport fourni par les services ministériels du SSMSI. Des données pour 2024 que nous vous présentions dans cet article en date du 5 février.
Plus de cocaïne saisie, mais moins de cannabis et d’armes
Déjà en chiffres. Ainsi, l’an dernier, 1.629 opérations « Places nettes » ont eu lieu dans le département, soit plus ou moins le même nombre qu’en 2023 (+0,31%). Des actions qui ont conduit les policiers et les gendarmes à saisir drogues et armement.
Concrètement, la cocaïne a pris une part importante dans ces découvertes. 205,87 kilos ont été confisqués, soit une hausse de 113,12%. Pour le reste, le cannabis, à la fois à travers la résine (-26,15% de tonnes saisies par rapport à 2023) et l’herbe (-80,64%), a été plus discret. Cela représente respectivement 2,164 tonnes et 86,11 kilos. Les forces de l’ordre ont aussi mis la main sur 94 armes à feu (-6%) et 1,156 million d’euros (-26,67%).
Augmentation des arrestations et des condamnations
Il faut aussi préciser que 905 trafiquants ont été mis en cause (+38%), et 2024 ont été écroués à la suite de l’instruction. Les gardes à vue pour ces infractions ont également progressé. On en a recensé 2.183 l’an passé (+9,04%). Enfin, 48 points de deal sont présentement connus dans les Alpes-Maritimes, puisque cinq sites ont été démantelés en 2024.
Ces statistiques démontrent qu’il reste encore beaucoup de travail dans cette lutte. En 2025, les priorités de la Préfecture sur ce sujet sont de « renforcer l’action sur le terrain », tenter de contrecarrer « les violences liées au trafic de drogues » et mettre l’accent sur « l’investigation ».
« Pilonner » les points de deal
Parmi les solutions évoquées, nous avons le « pilonnage » des points de deal et le « harcèlement » des petits revendeurs et consommateurs, avec, dès que possible, la délivrance d’amendes forfaitaires. Dans les zones de la police nationale, il est question de programmer une à trois interventions « significatives » par trimestre, avec l’aide des CRS. Sont principalement visés les quartiers prioritaires (QRR) et sensibles.
Dans les endroits placés sous la surveillance de la gendarmerie, il devrait y avoir plus d’opérations contre le mouvement « Uber shit » - les livraisons à domicile - et dans les sites touristiques, ainsi que davantage de contrôles routiers vers les stations de ski.
Création d’une cellule de coordination anti-drogue
La principale annonce à propos du narcotrafic reste sans doute la création d’une cellule de coordination anti-drogues, sous la responsabilité du préfet et des procureurs de Nice et Grasse. Des réunions auront lieu deux fois par mois afin de coordonner les actions des différents services de la justice.
Les divers groupes des forces de l’ordre concernés par cette organisation agiront sur plusieurs aspects. Le trafic bien sûr, mais aussi ses liens avec le « financement d’activités liées au séparatisme islamiste », « la lutte anti-blanchiment » et le rôle de plus en plus prégnant des mineurs dans ces combines, faisant le rapprochement entre flux migratoires et la « main d’œuvre bon marché pour les réseaux organisés ». Parmi les secteurs cités, à Nice, les Moulins, les Liserons et l’Ariane sont comme d’habitude en tête de liste.










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