TRIBUNE LIBRE. Uni.e.s Nice: «si les violences policières n’existent pas, pourquoi interdire de les filmer?»

Les députés débattent ce mercredi 4 novembre en commission de la proposition de loi relative à la «sécurité globale», dont plusieurs articles suscitent la controverse : l’un d’eux propose de punir la «diffusion» d’images permettant d’identifier tout policier ou gendarme dans le cadre d’une opération si elle vise à «porter atteinte à son intégrité physique ou psychique» (l’idée avait déjà été avancée par le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti). Une partie de l’opposition, des associations et des journalistes craignent une entrave possible à la liberté d’information, notamment sur les cas de violences policières 
emma bazou nice

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Emma B. est la co-fondatrice du mouvement intersectionnel (lutte pour les droits humains) Uni.e.s Nice. Depuis son organisation saluée d’une manifestation contre les violences policières en juin dernier dans la capitale azuréenne, elle est devenue à Nice, notamment, l’une des figures de l’antiracisme.


«Ce projet de loi, s’il entre en vigueur, prohibera notamment la diffusion d’images de policiers dans l’exercice de leurs fonctions et permettra le contrôle des faits et gestes des citoyens par le biais de drones de surveillance.

Je vois ici un réel paradoxe.

Notre gouvernement, qui porte si haut l’étendard de la liberté de blasphème, est parallèlement en train de détruire la liberté d’expression, d’opinion, d’informer, et de manifester de ses citoyens.

Conjointement, je veux bien entendre l’argument de ceux.lles qui vantent les vertus de la vidéosurveillance au motif que «si vous n’avez rien à vous reprocher, alors vous n’avez rien à craindre». Alors pourquoi n’appliquerait-t-on pas le même principe à nos policiers?

Si comme le président des Républicains le dit «les violences policières n’existent pas» (Emmanuel Macron, lui, rejette ce terme), alors pourquoi interdire de les filmer?

Il semble évident que le gouvernement profite du confinement pour faire passer en express des mesures liberticides contre lesquelles nous ne pourrons bien sûr pas protester, puisque nous sommes sagement cloîtré.e.s chez nous.

Je témoigne donc mon soutien anticipé aux familles des futurs Cédric Chouviat, Rémi Fraisse, Adama Traoré et bien d’autres, pour qui il sera quasi impossible d’obtenir justice si cette proposition de loi est votée.

Je vous encourage également à signer la pétition contre cette proposition de loi liberticide, disponible par ici

Le contenu des tribunes publiées dans nos colonnes ne reflète pas forcément les opinions des journalistes de Nice-Presse. Pour nous contacter, envoyez un mail à la rédaction.

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