La cour d’assises d’appel du Var a validé vendredi la peine de réclusion criminelle à perpétuité, avec 22 ans de période de sûreté, infligée à un homme de 37 ans jugé pour une tentative d’immolation de son épouse en août 2021 à Nice.
L’accusé, Nabil R., a continué de nier, soutenant qu’il se trouvait ailleurs au moment des faits et que sa femme se serait immolée elle-même pour lui porter préjudice. Mais son téléphone est resté localisé dans le quartier, et un expert a indiqué que les brûlures constatées ne correspondaient pas à cette version.
Comme lors du procès de première instance tenu en décembre 2024 à Nice, les jurés ont écouté l’enregistrement d’un appel à la police. On y entend, sur fond de hurlements de souffrance, une voisine décrire une femme en feu, suivie par son mari muni d’un couteau.
Tentative d’immolation à Nice : le récit de la victime au cœur du procès
Mardi, ils ont aussi entendu Asma (prénom d’emprunt), 42 ans, revenir d’une voix posée mais ferme sur un mariage arrangé en Tunisie avec un cousin éloigné, avant de décrire une relation qui, une fois arrivée en France, a rapidement basculé.
Elle a expliqué que Nabil « n’était plus la même personne qu’en Tunisie ». Selon son témoignage, il buvait quotidiennement, rentrait très tard après son travail de cuisinier, devenait agressif et insultant, ne lui prêtait attention qu’au lit, et laissait sa mère la traiter « comme une bonne ».
Le 13 août 2021 au soir, après une nouvelle dispute, elle affirme qu’il l’a d’abord menacée avec un couteau, puis qu’il lui a versé un liquide dans le dos, lequel s’est embrasé près de la gazinière.
Évacuée vers le service des grands brûlés de Marseille, elle a été plongée plusieurs semaines dans le coma, puis a enchaîné des mois d’hospitalisation et de rééducation.
Son visage a été épargné, mais elle dit avoir le corps brûlé à 29%, au niveau du dos et du côté gauche. Elle a également indiqué que ses oreilles avaient été brûlées, que son crâne était couvert de plaques, et qu’elle vivait avec la peur que sa belle-famille revienne pour l’achever.
« Je me gratte tout le temps, je dors avec des médicaments, je souris avec des médicaments », a-t-elle déclaré, se présentant comme une « morte-vivante ». « Quand je suis habillée, les gens qui me voient pensent que je vais bien alors qu’à l’intérieur, je suis brûlée ».
- Ce qu’il faut retenir : La cour d’assises d’appel du Var a confirmé la perpétuité avec 22 ans de sûreté pour un homme jugé pour avoir tenté d’immoler sa femme à Nice en août 2021. L’accusé conteste, mais des éléments techniques et un enregistrement d’appel à la police ont été examinés par les jurés. La victime a raconté la dégradation de la relation, les faits qu’elle décrit et les conséquences physiques et psychologiques durables.
Avec AFP







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