La vallée de la Roya, au sein du parc du Mercantour, autant polluée que le centre-ville de Marseille ? Ce phénomène a été mesuré par AtmoSud au cours de l’été 2024, et nécessite des investigations supplémentaires.
Des données qui en ont surpris plus d’un. Mardi 4 mars s’est tenu le deuxième forum citoyen de l’air. Le but de cet événement qui a eu lieu à Marseille ? Partager les résultats des divers dispositifs pour mesurer la qualité de l’air installés par des associations citoyennes sur l’ensemble de la région Sud.
Cette manifestation est notamment organisée par AtmoSud, l’observatoire de la qualité de l’air en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au cours de cette réunion, un bilan a été rendu, l’organisme se chargeant de vérifier et de contrôler ces éléments provenant des 130 capteurs disposés sur notre territoire.
Rappelons que ces outils sont consultés en complément des 60 stations déjà existantes, qui fournissent des indicateurs à propos des villes, des industries ou du trafic routier. Mais contrairement à ces derniers, les équipements placés par les collectifs sont instaurés dans tous les environnements possibles.
Projet initié en avril 2023 dans le Sud-Est, il sera renouvelé pour une troisième année en avril 2025, annonce France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour cette deuxième édition, il était question des renseignements obtenus entre avril 2024 et janvier 2025.
« Étonnant », mais pas « alarmant »
Lors de ce rassemblement, les experts ont relevé une spécificité. Celle-ci concerne les Alpes-Maritimes, et plus particulièrement un secteur de l’arrière-pays. Selon les chiffres étudiés, on remarque une présence importante de particules fines de type PM 2,5 dans la vallée de la Roya, principalement au cours de l’été 2024.
Il s’agit d’un sujet notable, car ces entités sont nocives pour la santé respiratoire et cardiovasculaire. Or, le niveau atteint lors de la précédente période estivale est tel que cela correspond à ce qu’on peut voir dans le centre-ville de Marseille, par exemple. Mathieu Izard, ingénieur d’étude à AtmoSud, ne s’inquiète pas pour autant. « Ils ne sont pas extrêmes ou alarmants », précise-t-il à nos confrères.
Néanmoins, ce pic interroge, et l’institut doit se pencher sur le cas « étonnant » de la vallée de la Roya, car on ne connaît pas la raison d’une telle augmentation. Les spécialistes vont mener des investigations et vérifier si ce phénomène est récurrent, surtout l’été. Il pourrait être dû à une « une masse d’air venue d’Italie qui impacterait cette vallée », hypothétise Mathieu Izard.
Et à Nice ?
Un sujet loin d’être anodin, car la pollution de l’air fait des ravages chaque année dans la région. Selon une enquête de Santé Publique France que nous partagions en février, 4100 décès pourraient être évités chaque année si l’on parvenait à réduire le taux de pollution aux particules fines au niveau recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé.
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Dans nos colonnes le samedi 1er mars, Christian Estrosi, maire de Nice et président de la Métropole, a pris la parole à ce propos. Il évoquait l’objectif métropolitain, dont la vallée ne fait pas partie, de diminuer de 22% l’émission des gaz polluants d’ici à 2026.
Et l’élu se montrait très confiant. « En 2025, nous en sommes quasiment à -25%. Très exactement à -23,9%, mais cela reculera davantage encore avec l’ouverture du tunnel de la voie Mathis en mai », a-t-il affirmé.
« Nice n’est plus, depuis des années, sur la liste des grandes villes européennes qui dépassent la courbe de projection des polluants. Il y a des chiffres majeurs à retenir : par exemple, les particules fines ont reculé de 95% entre 2012 et 2023.»



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