Le conseil départemental maralpin a paraphé un protocole s’adressant aux enfants témoins de violences familiales ou de féminicides. L’objectif est de mieux protéger les mineurs.
Au mois d’avril 2023, l’écrivain Philippe Besson, qui venait de remporter le prix Baie des Anges, évoquait dans nos colonnes sur le féminicide, une thématique fort peu abordée dans le débat public.
Dans « Ceci n’est pas un fait divers », le romancier plonge ses lecteurs dans le drame que représente cet acte, le tout conté par l’un des enfants de la victime. Et c’est ce sujet qu’il souhaite voir davantage être mis en avant, estimant que les jeunes sont « les grands oubliés des féminicides ».
En voyant la dernière décision prise par le Département maralpin, peut-être Philippe Besson éprouvera-t-il un peu de satisfaction. En effet, en présence de nombreux acteurs, la collectivité a signé un processus visant à protéger les mineurs lorsqu’ils sont témoins de violences familiales ou de féminicides.
L’enfant sera systématiquement pris en charge s’il est témoin
Jusqu’à 18 ans, l’enfant sera systématiquement pris en charge s’il est présent lors du crime. L’accompagnement sera recommandé s’il n’assiste pas à la scène, mais qu’il est tout de même impacté par le drame.
Avec ce système, plusieurs entités entreront en jeu afin de garantir la protection des moins de 18 ans, à savoir les procureurs de la République de Grasse et de Nice, l’ARS, l’Agence régionale de santé, le CHU de Nice et la Fondation Lenval, mais aussi la police nationale.
Grâce à ce protocole, le rôle et les obligations de chacun sont définis, sans oublier le Département, qui, via l’ASE, l’aide sociale à l’enfance dont il a la compétence, apportera sa contribution.
118 féminicides en France en 2022
Ainsi, de façon concrète, lorsqu’un enfant est recueilli suite à un féminicide ou un autre drame familial, l’ASE sera saisie par ordonnance du procureur. C’est elle, ensuite, qui désignera l’équipe chargée de l’évaluation de la situation du mineur. L’organisme devra également proposer un lieu d’accueil, fondé sur ses besoins.
L’aide à l’enfance aura aussi comme mission d’analyser l’entourage, accompagnée pour cette tâche par des référents médicaux. Le but étant bien évidemment de permettre à la jeune victime de retrouver des conditions de vie favorables à son bien-être et à son équilibre psychique au quotidien.
Ces actes perpétrés contre les femmes restent largement majoritaires si l’on observe les morts violentes au sein du couple (81% en France). On en a recensé 118 dans le pays en 2022 (dont cinq dans les Alpes-Maritimes) contre 122 en 2021. Rapportées à 2021, les violences intrafamiliales avaient, elles, augmenté de 12,5% sur notre territoire en 2022.





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