Vingt-quatre ans après le meurtre d’Ariane Guillot, poignardée à Nice en 2001, le pôle cold cases du tribunal de Nanterre relance l’enquête et lance un appel à témoins pour tenter de résoudre ce drame resté sans réponse.
Le dispositif mis en place « est destiné à recueillir toute information permettant de favoriser l’élucidation de ce crime », a précisé le procureur de la République de Nanterre, Yves Badorc, dans un communiqué officiel.
Cet appel accompagne une nouvelle vidéo de la série « En quête d’indices », cinquième volet du pôle des affaires non élucidées, reprenant les codes des émissions de faits divers.
Cette fois, il s’agit du meurtre d’Ariane Guillot, jeune enseignante de 25 ans, poignardée en plein jour le 18 avril 2001 dans le parc de la colline du Château, à Nice, alors qu’elle profitait d’une promenade.
Originaire de Paris, elle séjournait sur la Côte d’Azur pour garder son neveu pendant les vacances. Rapidement, les enquêteurs écartent « a priori (la) piste crapuleuse », puisque son portefeuille complet avait été retrouvé sur place, a précisé le parquet du pôle des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE) de Nanterre à l’AFP.
« Des analyses génétiques ont été réalisées mais ne donnent rien de probant à ce moment-là », a expliqué le ministère public, rappelant qu’à l’époque, l’utilisation de l’ADN n’en était qu’à ses débuts.
Après deux non-lieux, rendus en 2006 puis en décembre 2009, l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), en collaboration avec le pôle, a inscrit ce dossier parmi de nombreux autres cold cases non résolus.
Un nouvel appel à témoins pour relancer l’enquête sur le meurtre d’Ariane Guillot
Le 18 juillet 2022, le parquet de Nanterre a rouvert une enquête préliminaire. « Le dossier Ariane Guillot est particulier parce qu’au niveau national, il n’est pas connu, mais au niveau niçois, il a marqué », a confié à l’AFP le patron de l’OCRVP, Franck Dannerolle. Selon lui, « c’est le moment » d’effectuer un nouvel appel à témoins, après l’exploration de « différentes pistes d’investigation ».
« Avec un dispositif national, on peut arriver à récupérer un témoignage de quelqu’un qui a vécu à Nice à l’époque, ou qui était en tourisme à Nice à l’époque », a-t-il souligné, espérant que ce nouvel appel permettra de recueillir des informations précieuses.
Depuis la réouverture du dossier, plusieurs nouvelles analyses ont été menées : examens génétiques actualisés, études techniques de la plaie, morphoanalyse des traces de sang retrouvées sur les lieux et travail de psychocriminologues de l’OCRVP.
En 2024, une personne a été placée en garde à vue, avant d’être finalement écartée de toute responsabilité, a précisé le parquet.
« L’important, c’est de maintenir en vie ces dossiers-là et de leur donner un maximum de chances de résolution », a conclu Franck Dannerolle.
Les témoignages collectés seront analysés par les agents de l’OCRVP et par les enquêteurs de la police judiciaire de Nice, co-saisis dans cette affaire et déjà impliqués dans les premières investigations.
Avec AFP






