Chez leur nouvel allié Eric Ciotti, mais sans Eric Ciotti : le premier meeting de rentrée des lepénistes, prévu dimanche à Nice, se déroulera en l’absence du patron du groupe « Union des droites pour la République ».
Faut-il y voir un oubli, un signe, voire une provocation ? Sur la forme, les cadres du Rassemblement national jurent que le choix du chef-lieu des Alpes-Maritimes pour tenir leur rentrée tient quasiment du hasard : « Disons qu’on a calé le meeting sans prévenir » Eric Ciotti, admet un député RN, en revendiquant de « ne pas tout faire ensemble ».
Sur la forme, les lepénistes rivalisent d’hyperboles pour qualifier une relation avec l’ancien patron de LR « très, très bonne ».
Le parti à la flamme entend néanmoins délimiter les territoires. « Ce qu’on ne veut pas, et lui non plus, c’est qu’on donne l’impression qu’Eric Ciotti rejoint le RN », décrypte un proche de Marine Le Pen.
Le RN doit en outre faire encore l’apprentissage des alliances politiques, alors que Marine Le Pen a longtemps été critiquée pour « n’accepter que les ralliés, mais pas les alliés ». Notamment par Nicolas Dupont-Aignan, avec qui les fiançailles n’avaient pas duré plus longtemps qu’une campagne d’entre-deux-tours en 2017.
Le pacte avec Eric Ciotti, qui apporte 16 députés à la coalition d’extrême droite qui en compte 142 à l’Assemblée nationale, a vocation à davantage durer.
Reste que la situation de l’ancien patron de LR, qui a officialisé son départ du parti gaulliste il y a quinze jours, demeure particulière : vendredi, au conseil départemental des Alpes-Maritimes dont il est vice-président, le nouveau patron de l’Union des droites pour la République (UDR) ainsi que ses affiliés ont été adoubés par le président LR de l’assemblée locale, Charles-Ange Ginésy, pour demeurer au sein de sa majorité.
Cette étonnante configuration locale a d’autant plus convaincu les lepénistes de tenir à distance M. Ciotti de leur raout niçois.
- « D’accord à 90%» -
C’est surtout au palais Bourbon qu’ils éprouveront dans les prochaines semaines la solidité de leurs liens.
Le RN, qui présentera lors de sa niche parlementaire de la fin du mois un proposition d’abrogation de la réforme des retraites, sait qu’il ne pourra pas compter sur le soutien de l’UDR. Manière de rappeler que lorsque Marine Le Pen fustigeait en 2023 le passage de l’âge légal à 64 ans, Eric Ciotti le votait.
« A 90%, on est d’accord. Sur les questions régaliennes, c’est clair. Sur les sujets économiques, work in progress… (« le travail est en cours…» en français, NDLR)», assure un député RN, en faisant observer que le RN a « évolué ces dernières années », avec une part de libéralisation du programme économique.
L’alignement des deux formations politiques ne coule pourtant pas de source. « C’est plus facile quand on est dans l’opposition », convient un proche de Marine Le Pen. « Le jour où on est aux manettes, avec 280 députés RN et 30 députés UDR, alors que la majorité absolue est à 289, c’est sûr que ce sera compliqué ».






Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.