Un policier de la brigade anticriminalité (Bac) de Marseille, déjà poursuivi pour des violences sur un passant lors des émeutes de l’été 2023, a été condamné jeudi à quatre mois de prison avec sursis pour avoir frappé un étudiant en avril 2023.
Le tribunal correctionnel de Marseille a estimé que « l’usage de la violence était illégitime et ne s’inscrivait dans aucun cadre juridique » puisque la victime « n’avait pas été interpellée et qu’il n’a pas été établi des violences de sa part qui auraient pu justifier les coups portés ».
David B., 50 ans, devra également verser 3.200 euros à l’étudiant en réparation du préjudice moral. Toutefois, sa condamnation ne sera pas inscrite au fichier B2 du casier judiciaire, qui regroupe la majorité des infractions criminelles et délictuelles.
Les faits remontent au 10 avril 2023, aux alentours de 04h30 du matin. Deux jeunes hommes s’apprêtaient à traverser un espace réservé aux forces de l’ordre, place de la Préfecture à Marseille, lorsqu’ils ont croisé deux équipages de la Bac venant de stationner leurs véhicules.
D’après l’ami de la victime, témoin de la scène, c’est le policier qui aurait immédiatement lancé « Dégage! » à son camarade.
De son côté, l’agent a affirmé avoir été insulté par l’un des deux jeunes hommes, venu « à (s)on contact ». Il a déclaré l’avoir repoussé du plat de la main au visage avant de le faire tomber à l’aide d’une balayette, « pour qu’il se calme, sans le blesser ».
L’étudiant a subi un hématome à un œil, qu’il attribue à un violent coup de poing, ainsi que des ecchymoses au bras et un traumatisme psychologique important. Une interruption totale de travail (ITT) de cinq jours lui a été prescrite.
Les enregistrements de vidéosurveillance diffusés lors de l’audience n’ont pas permis de trancher la question essentielle : le policier avait-il la main ouverte ou fermée au moment du coup ?
« C’est une peine juste. On est heureux que la justice participe enfin à la fin de l’impunité des policiers en matière de violences policières », a déclaré Me Brice Grazzini, avocat de la victime, à l’issue du délibéré.
L’affaire judiciaire de David B. ne s’arrête pas là. Il est également mis en examen pour des violences graves sur Hedi, un jeune homme dont le crâne a été enfoncé début juillet 2023 après un tir de LBD et un passage à tabac, en marge des émeutes déclenchées après la mort de Nahel, 17 ans, tué par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Sous contrôle judiciaire, il lui est toujours interdit d’exercer sa profession.
Cette condamnation coïncide avec l’ouverture du procès, à Bobigny, de plusieurs policiers de la Brav-M poursuivis pour des violences sur deux personnes lors d’une manifestation à Paris en mars 2023.
(Avec AFP)





