Présenté à Cannes en Séance spéciale, « Marcel et Monsieur Pagnol » de Sylvain Chomet propose un portrait intime et animé de l’icône du cinéma français.
Réalisé par Sylvain Chomet, « Marcel et Monsieur Pagnol » met en lumière le célèbre écrivain et cinéaste provençal, admiré jusque par Steven Spielberg. « Spielberg, c’est un grand, grand fan », souligne le réalisateur à l’AFP.
Ce film d’animation, prévu en salles le 15 octobre, est le troisième long-métrage de Chomet après « Les Triplettes de Belleville » (2003) et « L’Illusionniste » (2010), tous deux nommés aux Oscars.
En mai 1955, Marcel Pagnol avait marqué l’histoire en tant que premier président du jury à remettre une Palme d’or. Pourtant, son rôle d’académicien a longtemps éclipsé son œuvre cinématographique, selon Thierry Frémaux, délégué général du Festival.
Un accès inédit aux souvenirs de famille
Pour concevoir ce film, Sylvain Chomet a collaboré étroitement avec le petit-fils de Pagnol. « Il m’a ouvert un peu les portes de sa famille », explique-t-il, évoquant un travail d’archives initialement pensé comme documentaire.
De la trilogie marseillaise à « La Femme du boulanger » ou « Manon des sources », le film évoque les grands classiques qui ont fait de Pagnol une légende du cinéma français.
« Dialoguiste avant tout »
Chomet rappelle que Pagnol est devenu écrivain sur le tard. « Ça ne l’intéressait pas la littérature », dit-il, bien que ses souvenirs publiés comme « La Gloire de mon père » et « Le Château de ma mère » aient forgé son héritage littéraire.
« C’était un dialoguiste avant tout », insiste-t-il, évoquant les débuts du jeune Pagnol à Paris, rongé par le trac en coulisses et tremblant avant d’entrer en scène.
Un film pour montrer l’homme derrière l’académicien
Le projet révèle un Marcel Pagnol plus humain, loin de l’image solennelle véhiculée par la télévision en noir et blanc. « En fait, il n’était pas du tout comme ça, ça c’était le Pagnol d’apparat », explique Chomet.
« Il avait un vrai bureau où il travaillait et un faux pour recevoir les journalistes, avec des livres factices et une table vide », raconte-t-il. Le véritable espace de travail était « un petit peu bordélique, mais humain ».
Hommage vivant, ancré dans l’amitié et l’humour
Le film intègre des anecdotes savoureuses, notamment avec Raimu ou Fernandel. Ce dernier se plaignait du tournage dans les studios marseillais de Pagnol, où l’on « perdait trop de temps à déjeuner et à jouer à la pétanque ».
Contrairement aux précédents films de Chomet, celui-ci regorge de dialogues, fidèles à l’esprit de l’auteur. « Impossible de rester muet avec Pagnol », souligne le réalisateur.
C’est Laurent Lafitte, maître de cérémonie du Festival cette année, qui prête sa voix au personnage. « J’avais peur de l’accent parce que je suis un vrai Parisien », confie l’acteur, qui a travaillé avec un coach marseillais pour éviter tout faux pas phonétique.






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