Cette brève est un extrait de RIFIFI, notre rubrique du jeudi consacrée aux indiscrétions politiques. À découvrir par ici.
Le Conseil régional fait parfois du mal aux mouches. Fin avril, la collectivité présidée par Renaud Muselier promettait de « refuser » désormais l’écriture inclusive (par exemple : cher·e·s lecteur·rice·s) « dans l’administration et dans tous les dossiers de subvention ». Au nom de la lutte contre le « wokisme », les associations qui utiliseraient cette graphie risquaient de perdre les aides dont elles bénéficiaient.
Plus de deux mois plus tard, le collectif niçois Viva! – composé de non-inscrits et d’encartés chez La France Insoumise – envoyait le 20 juin un communiqué dénonçant « une atteinte à la liberté d’expression, puisque écrire avec un souci d’égalité entre les hommes et les femmes conditionne l’octroi de ces subventions ».
Y voyant là « des critères politiques et idéologiques d’un autre temps, anti-démocratiques, autoritaires et dangereux », ceux d’une « majorité de droite du conseil régional sous les applaudissements de l’extrême-droite ». Tout en accusant, pour finir : « cette croisade ne peut surprendre : dans l’histoire, ces courants politiques ont toujours été opposés à l’égalité. »
Une croisade qui aura, de toute façon, fait long feu. L’opération de communication ayant mis le feu aux poudres avec le tissu associatif, qui soupçonnait « le retrait arbitraire de subventions », la Région fait finalement marche arrière.
Dans une déclaration dévoilée cette semaine, plusieurs élus de la majorité assurent que « les dossiers ayant fait l’objet d’un retrait [à cause de l’emploi d’une écriture inclusive] pourront être présentés à nouveau ». Une histoire qui a donc fait pschitt, sans point médian.





