À Marseille, la campagne municipale prend un tour très frontal. À l’occasion de la venue annoncée de Marine Le Pen pour soutenir le candidat du Rassemblement national, le maire divers gauche Benoît Payan, candidat à sa succession, a violemment attaqué le parti « d’extrême droite », qu’il qualifie d’« anti-Marseille ».

À Marseille, la bataille électorale est déjà lancée, et le ton est donné. À quelques heures de la venue de Marine Le Pen, annoncée comme invitée d’honneur de la cérémonie des vœux du député RN Franck Allisio, le maire Benoît Payan a choisi l’offensive verbale pour marquer le terrain.

À Marseille, Benoît Payan dénonce un parti « anti-Marseille »

Interrogé par l’AFP, l’édile divers gauche n’a pas mâché ses mots. « Tout dans l’ADN de la ville dit le contraire de ce que ces gens racontent. Tout dans l’histoire de la ville dit le contraire de ce qu’est le Rassemblement national. Le Rassemblement national, c’est le parti anti-Marseille. Franck Allisio, c’est le parti anti-Marseille », a-t-il déclaré, visant à la fois le mouvement et son candidat local. Dans la même veine, Benoît Payan a accusé Marine Le Pen d’être elle aussi « anti-Marseille ».

Pour le maire sortant, qui a récemment officialisé sa candidature à un second mandat, cette visite ne relève pas du hasard. Il estime que la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale « a choisi cette ville dans un moment particulier pour en faire le marchepied de son ambition présidentielle ». La présence de Marine Le Pen vendredi soir à Marseille, aux côtés de Franck Allisio, est ainsi présentée comme un acte politique fort, bien au-delà d’un simple déplacement de soutien local.

L’affrontement est aussi budgétaire entre la Ville et le RN

Au-delà des symboles, Benoît Payan a également attaqué le RN sur le terrain des finances publiques. Il a vivement critiqué un amendement récemment proposé par « le parti d’extrême droite » et voté à l’Assemblée nationale, réduisant de 4,9 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement versée aux collectivités territoriales, notamment aux régions. Selon le maire, cette mesure pourrait coûter jusqu’à 50 millions d’euros à Marseille.

Dans ce contexte, l’édile dénonce un discours qu’il juge contradictoire. « De venir ici, devant les Marseillais, pour leur dire “je vous aime et je vais m’occuper de vous”, il y a quelque chose qui ne colle pas entre les mots et les actes », a-t-il lancé, mettant en cause la cohérence du message porté par Marine Le Pen et ses soutiens locaux.

Tracts polémiques

La tension est encore montée d’un cran avec la diffusion d’un tract du RN sur les réseaux sociaux, que Benoît Payan a qualifié de raciste et xénophobe. Ce document présente une hypothétique équipe municipale du maire sortant, avec des intitulés volontairement provocateurs, évoquant notamment un « premier adjoint en charge de l’insertion des dealers », une « adjointe en charge de la préférence algérienne » ou encore un « adjoint en charge des relations avec les islamistes ».

De son côté, Franck Allisio assume pleinement la venue de Marine Le Pen et s’en félicite publiquement. « Marine Le Pen nous fait l’honneur, l’amitié d’être à mes côtés pour mes vœux », a-t-il déclaré, invitant ses électeurs à participer à l’événement. Sur le site d’inscription, il est précisé que « parce que Marine a toujours défendu les Français avec courage et conviction, elle sait le combat que nous menons ici contre l’insécurité, le clientélisme, l’insalubrité et le déclin économique ».

Nice-Presse avec des contenus de l’AFP

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