Trouver un contrat pour protéger sa maison devient un véritable parcours du combattant dans 903 communes françaises. Si l’immense majorité du pays reste couverte, l’Observatoire de l’assurabilité publié ce lundi dévoile une offre de plus en plus rare dans des secteurs frappés par les inondations ou les cyclones, poussant le gouvernement à réagir.
Les fondations se fissurent sous l’effet de la sécheresse et la boue ravage les rez-de-chaussée. Face à ces murs lézardés, de nombreux propriétaires affrontent un second mur, administratif cette fois, pour décrocher une simple multirisque habitation.
Une offre qui se raréfie dans des centaines de villages
L’accès à une couverture pour sa maison individuelle n’est plus garanti avec la même fluidité partout sur le territoire. Les données ont été croisées à l’échelle communale entre la présence des compagnies et les périls couverts par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles.
Les cyclones, les inondations et le retrait gonflement des argiles, responsable des craquelures dans les bâtiments, fragilisent considérablement les habitations.
La Caisse centrale de réassurance a passé au crible près de 35 000 communes françaises. Pour 97,7 % d’entre elles, aucune difficulté n’est recensée. Les occupants de maisons individuelles y bénéficient de la présence d’une trentaine, voire plus, d’acteurs de l’assurance.

Le réassureur public identifie néanmoins 903 communes où l’offre se fait particulièrement rare. Le rapport cible 568 secteurs confrontés à une rareté légère des contrats et 335 autres où cette difficulté est jugée modérée.
La Corse et le Massif central sous surveillance
Les acteurs du marché hésitent à s’engager dans certains territoires face à la multiplication des aléas climatiques.
« Les territoires les plus touchés sont évidemment les territoires d’outre-mer, et dans une moindre mesure, des communes de métropole qui sont plus petites, moins attractives, commercialement », souligne Edouard Vieillefond, directeur général de la Caisse centrale de réassurance.
En France métropolitaine, le constat de cette offre restreinte se concentre tout particulièrement dans l’Est, le Massif central et la Corse.
Le document ne cite aucune compagnie. Il demeure impossible de savoir qui participe ou non à la mutualisation des risques, pourtant indispensable pour faciliter la couverture de tous les habitants.
La Caisse centrale prévoit de publier sur son site internet une carte utilisant plusieurs nuances de couleurs pour visualiser la rareté des offres ville par ville. L’enjeu est d’éviter que les habitants ne se retrouvent totalement sans solution.
L’Observatoire s’appuie sur des données arrêtées à l’année 2022 et fera l’objet d’une actualisation annuelle. Les prochaines éditions intégreront les marchés des appartements, des entreprises et des collectivités locales, tout en scrutant de nouveaux risques comme la submersion marine.
L’État ajuste le financement des catastrophes naturelles
Roland Lescure, ministre de l’Économie, a salué un « rapport rassurant ». Il a simultanément annoncé le déclenchement d’une « mission de l’Inspection Générale des Finances et de l’Inspection Générale de l’Administration sur l’étendue de l’assurabilité face au changement climatique dans les Outre-mer, qui aura vocation à proposer des recommandations » avant la fin de l’année.
L’objectif est d’« identifier des solutions » concernant les risques spécifiques.
Pour soutenir financièrement le régime Cat Nat, les ministères de l’Économie et de la Transition écologique examineront « tous les cinq ans » le taux de surprime. Les réflexions viseront à « s’assurer d’une juste répartition de la charge du régime entre les assurés ».
L’exécutif travaillera avec les collectivités territoriales pour « renforcer la prévention des risques naturels » et « réduire la vulnérabilité des logements ».
« Ce rapport qui va être renouvelé nous oblige collectivement, car l’assurabilité de nos territoires pour nous assureurs, ça n’est pas une contrainte, mais c’est exactement notre but », assure Florence Lustman, présidente de France assureurs.
La fréquence et la violence des sinistres climatiques croissent continuellement à mesure que la Terre se réchauffe sous l’effet de l’activité humaine.






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