La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment alerte ce mardi sur une éventuelle suppression des aides MaPrimeRénov’ dédiées aux travaux isolés. Le ministère du Logement a immédiatement démenti toute évolution à la baisse des crédits de ce dispositif public phare. Une rencontre décisive est prévue dans l’après-midi entre les représentants syndicaux et le gouvernement pour éclaircir la situation.
Changer une simple fenêtre ou poser quelques rouleaux isolants dans les combles constitue souvent la première étape pour moderniser une maison. Pourtant, ces interventions ciblées suscitent de lourdes inquiétudes chez les professionnels du secteur.
L’organisation syndicale des artisans évoque des menaces directes sur les aides publiques dédiées aux petits travaux de performance thermique. Le cabinet du ministre du Logement a immédiatement balayé ces craintes en rejetant fermement l’information d’une évolution à la baisse de l’enveloppe allouée.
Un marché de la rénovation en récession
L’activité globale des professionnels traverse une période délicate. Selon le président de la Capeb, Jean-Christophe Repon, le secteur est « en nette récession au premier trimestre 2026 parce qu’il ne profite pas dans sa conception aux artisans alors qu’il devrait être une locomotive ».
Les représentants des entreprises rencontrent Vincent Jeanbrun, le ministre de la Ville et du Logement, ce mardi après-midi.
L’organisation pointe notamment du doigt un possible gel de 300 millions d’euros sur le budget MaPrimeRénov’ prévu pour l’année 2026, une décision qui compliquerait la relance de la filière.

Le maintien des travaux isolés ardemment défendu
Les artisans estiment que les interventions par gestes constituent une porte d’entrée indispensable pour les ménages. Par voie de communiqué, ils dénoncent les conséquences d’un arrêt de ces financements.
« L’arrêt total des monogestes, envisagé en septembre prochain, marquerait un coup dur inacceptable », préviennent les professionnels. Ils considèrent ces opérations comme la voie d’accès privilégiée des habitants dans un parcours d’amélioration de l’habitat par étapes.
Jean-Christophe Repon se montre particulièrement ferme sur cette orientation. « si demain, MaPrimeRénov’ évoluait uniquement vers la rénovation d’ampleur, sans monogeste comme l’isolation, autant supprimer le dispositif », a-t-il indiqué.
Le président de l’organisation patronale insiste sur la méthode nécessaire pour massifier ces pratiques. « Nous nous étions engagés à soutenir MaPrimeRénov’ si elle se réformait dans le cadre d’un parcours de rénovation, le but étant d’avoir un maximum de particuliers qui rentrent dans cette démarche vertueuse de rénover, et pour rénover étape par étape, il faut que le monogeste soit là ».
Les aides bientôt gérées par les intercommunalités
Le poids financier de ces dispositifs portés par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) s’avère colossal. En 2025, la rénovation par gestes a mobilisé une enveloppe de 600 millions d’euros, englobée dans un budget global atteignant 3,8 milliards d’euros.
L’architecture de ces aides va connaître une importante évolution politique. Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, l’a confirmé lors d’une audition au Sénat ce mardi.
Un projet de loi portant sur la décentralisation de ce système de financement sera présenté à la rentrée. Ce texte prévoit notamment la reconnaissance des intercommunalités comme autorités organisatrices de l’habitat.
Nice-Presse avec dépêche






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