Face aux étés de plus en plus étouffants, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé ce lundi sur Franceinfo l’organisation prochaine d’un voyage d’études avec les partenaires sociaux à Madrid. L’objectif est d’observer sur le terrain les adaptations espagnoles aux chaleurs extrêmes, des horaires décalés aux arrêts de chantier, pour s’en inspirer directement en France.

Le thermomètre grimpe inexorablement, l’asphalte fond sous nos pieds et certains secteurs d’activité tournent déjà au ralenti sous un soleil de plomb. La chaleur écrasante s’installe dans notre quotidien, forçant les pouvoirs publics à chercher des solutions viables au-delà des Pyrénées.

Lundi à la radio, Jean-Pierre Farandou a posé un constat d’une clarté désarmante face à cette nouvelle norme climatique. « Il faut qu’on considère que la France l’été, ça devient l’Espagne. (…) c’est comme ça, et on s’adapte comme eux », a affirmé avec conviction le responsable politique.

L’heure n’est plus aux grandes théories formulées dans les bureaux parisiens, l’exécutif exige désormais une approche concrète de terrain. « On va aller ensemble en Espagne. A Madrid, à 40 degrés, (la société) fonctionne », a détaillé le ministre du Travail.

Une immersion directe sous le soleil madrilène

La méthode choisie par le gouvernement passe par l’observation in situ. Une expédition de plusieurs jours est actuellement en pleine préparation avec les syndicats.

« On va faire un voyage d’études et je vais proposer aux partenaires sociaux de venir. On y restera deux ou trois jours », a précisé le dirigeant concernant cette mission exploratoire.

Sur place, la délégation s’attaquera à un programme précis afin d’assimiler les mécaniques d’un pays habitué à la fournaise. L’objectif affiché est net car « on essaiera de comprendre comment la société espagnole s’est adaptée ».

La péninsule ibérique pratique par exemple la journée continue sur une longue période s’étalant de juin à septembre. Les entreprises privées ainsi que les administrations publiques décalent massivement leurs horaires de 8 heures à 15 heures.

« Il faut aller comprendre comment ça marche, comment ils ont pris ces décisions, qu’est-ce que ça donne, est-ce qu’ils sont satisfaits des résultats », s’interroge le représentant de l’État.

Des contrats réécrits et un agenda estival bouleversé

Le modèle local intègre également la suspension pure et simple des activités physiques intenses lors des épisodes caniculaires. Ces pauses obligatoires sont inscrites noir sur blanc dans les textes.

Le ministre a souligné que cette coupure durant les heures les plus chaudes figure « dans les conventions collectives » des branches sectorielles, tout particulièrement dans le domaine du BTP.

Une telle transparence juridique apporte des garanties à l’ensemble des acteurs économiques. Si le système était formalisé chez nous, « tout le monde le saurait », impliquant à la fois les salariés, les sociétés et les donneurs d’ordre. « Ça serait dans les contrats passés », a-t-il plaidé.

Les répercussions d’une telle mutation touchent de nombreux autres pans de l’économie. L’agenda des prochains étés pourrait être totalement repensé. L’accélération des chantiers au printemps, le calendrier des grands festivals ou l’organisation des finales de sport en juin constituent autant de « composantes de la société doivent être discutées ».

Des sanctions prévues sans droit de retrait général

Pour anticiper les futures crises climatiques, un groupe paritaire verra le jour cet automne. Il réunira autour de la table tous les partenaires sociaux.

Le travail de fond s’organisera ensuite à une échelle plus resserrée. « Et ensuite chaque secteur, chaque branche professionnelle, devra s’emparer du sujet et réfléchir », a prévenu Jean-Pierre Farandou.

En attendant ces négociations, l’inspection du travail surveille l’application du décret de 2025 renforçant les obligations des employeurs situés dans les zones en vigilance canicule. Pas moins de 2 600 contrôles ont été menés en seulement un mois.

Le bilan chiffré fait état de 227 mises en demeure adressées aux structures fautives. Celles qui refuseront de se mettre en conformité « seront sanctionnées », a promis le ministre.

Malgré cette fermeté affichée, le locataire de la rue de Grenelle écarte l’idée d’un congé climatique ou la détermination d’un seuil de température déclenchant l’arrêt de l’activité. « On ne peut pas arrêter le pays quand il fait chaud. A 30 degrés, la France sait fonctionner », a-t-il tranché.

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Reporter niçois diplômé en journalisme, Matthias Bellegarde a rejoint Nice-Presse en 2026. Expert de l'économie locale et de l'immobilier, il suit de près l'évolution des marchés et des entreprises entre Nice et Menton. Engagé pour une information transparente et vérifiée, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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