À quelques jours de la venue historique du pape Léon XIV à Metz, un objet de collection très lorrain attire déjà les regards. La Maison Vessière, installée à Baccarat depuis cinq générations, propose « Beatus », un œuf signé des Émaux de Longwy et limité à seulement 200 exemplaires.
Le 28 septembre 2026 ne sera décidément pas une journée comme les autres en Lorraine. Pour marquer la venue du pape Léon XIV à Metz, les Émaux de Longwy ont imaginé une création commémorative baptisée « Beatus ».
Et pour découvrir ou acquérir cette pièce, direction Baccarat : la Maison Vessière Cristaux la propose actuellement à la vente au prix de 600 euros, sur commande. L’œuvre est annoncée en édition numérotée et limitée à 200 exemplaires, avec un délai de livraison d’environ 20 semaines.
Un pape, la cathédrale de Metz et la Croix de Lorraine
Haute de 12 centimètres pour 8 centimètres de diamètre, la pièce rassemble à elle seule plusieurs symboles forts.
Sur l’une des faces, la silhouette de Léon XIV se détache devant une Croix de Lorraine dorée. Sur l’autre apparaît une rosace inspirée de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, la célèbre « Lanterne du Bon Dieu ».
Difficile, finalement, de réunir davantage de Lorraine sur douze petits centimètres.
Le choix de Longwy apporte également toute la dimension des métiers d’art à cette création. La manufacture, dont l’histoire remonte à 1798, a fait des émaux cloisonnés l’une des grandes signatures artistiques de la région.

À Baccarat, Vessière veille sur les savoir-faire lorrains depuis 1882
Que cette pièce rejoigne les collections de la Maison Vessière n’a rien d’un hasard.
L’histoire familiale commence en 1882, lorsque Justin Vessière ouvre son premier magasin au 26, rue des Ponts à Baccarat. Après avoir présenté le travail de Baccarat lors d’expositions à travers le monde et obtenu avec son fils des récompenses pour leurs travaux de gravure sur cristal, il devient alors le premier et unique dépositaire des cristaux de Baccarat dans la ville.
Mais les Vessière ne se contentent pas de vendre du cristal.
Justin et son frère Charles créent également leurs propres pièces dans le sillage de l’École de Nancy. En 1901, la famille ouvre même un atelier de décoration rue Saint-Dizier, à Nancy, où sont pratiqués gravure à l’acide, émaillage et dorure. Parmi les motifs employés figurent déjà le chardon lorrain et la Croix de Lorraine.
Plus d’un siècle plus tard, le symbole choisi pour « Beatus » trouve donc chez Vessière un écho assez particulier.
Une maison qui a traversé les guerres
L’histoire de Vessière épouse aussi, par endroits, celle mouvementée de la Lorraine.
Lors des bombardements de 1914, l’église de Baccarat et la rue des Ponts, où se trouvait le premier magasin familial, sont détruites. Dès 1915, la famille s’installe dans l’ancien dépôt central de Baccarat. Le magasin est toujours établi au même endroit aujourd’hui, désormais 1, rue de la Division-Leclerc.
Cinq générations se sont depuis succédé.
La maison continue aujourd’hui de mettre en avant les grandes signatures des arts du feu et du cristal, de Baccarat à Daum, Lalique et Saint-Louis, sans oublier précisément les Émaux de Longwy.
Avec « Beatus », c’est donc presque un petit tour de Lorraine qui s’organise : une pièce fabriquée à Longwy, célébrant un événement à Metz, proposée par une maison historique de Baccarat.

La Croix de Lorraine, un fil rouge chez les Vessière
Un détail rend enfin cette création particulièrement cohérente avec l’histoire de la famille : cette Croix de Lorraine dorée qui apparaît derrière la silhouette du souverain pontife.
Car chez Vessière, la double croix ne date pas d’hier. Les archives de la maison rappellent que le chardon et la Croix de Lorraine figuraient déjà parmi les motifs employés dans les créations familiales au début du XXe siècle.
Aujourd’hui, Michaël Vessière poursuit à sa manière ce dialogue entre patrimoine et création contemporaine.
Ses bijoux remettent notamment la Croix de Lorraine à l’honneur, dans des créations pensées comme des signes d’attachement à une région et à son histoire. La maison explique d’ailleurs avoir relancé la création avec des bracelets fabriqués à Nancy, reprenant notamment les dessins et symboles transmis par ses ancêtres.
De Longwy à Baccarat en passant par Metz et Nancy, la boucle est joliment bouclée. Plus qu’un décor, la Croix de Lorraine continue de voyager de génération en génération et de création en création.
Et à l’occasion de cette visite papale exceptionnelle, elle trouvera même sa place sur un œuf.
En Lorraine, décidément, même les symboles ont le sens de la transmission.






