Originaire de Nice et ancien délinquant, Omar Omsen (de son vrai nom Oumar Diaby) s’est imposé comme une figure majeure du jihadisme français. Il est accusé d’avoir, à travers sa propagande en ligne, convaincu de nombreux jeunes Français de partir en Syrie.
Depuis une dizaine d’années, ce Franco-Sénégalais âgé aujourd’hui de 50 ans vit dans un camp syrien qui a été, mercredi, la cible d’un assaut des forces locales cherchant à l’arrêter après l’enlèvement d’une fillette.
Considéré comme un « terroriste international » par les États-Unis depuis 2016, Omsen est également sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice française en 2017 pour ses activités jihadistes.
Issu du quartier défavorisé de l’Ariane, à Nice, il s’est progressivement radicalisé au fil de ses séjours en détention, d’après les autorités. Il rejoint d’abord le mouvement tabligh et parcourt la France entre 1999 et 2004 pour prêcher, toujours selon les mêmes sources.
« Je suis doué pour parler », affirmait-il en 2013 face aux enquêteurs, quelques mois avant son départ pour la Syrie.
Dès 2011, il met ses compétences de monteur vidéo au service du groupe islamiste nantais Forsane Alizza (dissous en 2012). Sous le pseudonyme d’Omar Omsen, il réalise alors des vidéos d’actualité qui marquent le début de son influence sur les réseaux sociaux. Avec la guerre civile syrienne qui éclate la même année, il oriente sa propagande vers le conflit syrien.
Ses vidéos, vues des milliers de fois, ont eu « un impact réel » sur la radicalisation de nombreux jihadistes, souligne Xavier Crettiez, professeur à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, spécialiste des détenus radicalisés.
En 2012, il ouvre un snack à Nice, qui deviendra, selon les autorités, un lieu d’endoctrinement puis de recrutement.
Le parcours syrien d’Omar Omsen
En 2013, Oumar Diaby quitte la France pour le Sénégal, avant de s’installer début 2014 dans le nord-ouest de la Syrie. D’après des éléments d’enquête cités par l’AFP, il y fonde une katiba baptisée « Firqatul Ghuraba » — « Brigade des étrangers » — composée surtout de jeunes Français issus de la région niçoise, et ralliée au Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda.
En août 2015, une rumeur l’annonce mort. En réalité, il avait lui-même orchestré cette annonce « afin de pouvoir sortir de Syrie pour subir une importante opération chirurgicale dans un pays voisin », expliquait-il dans une interview à France 2 neuf mois plus tard.
Il prêtera ensuite allégeance à Hayat Tahrir al-Sham (HTS), dirigé par Ahmad al-Chareh, chef des autorités de transition syriennes depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024. Les rapports avec le groupe demeurent toutefois tendus. En 2020, Omsen est arrêté par le HTS, puis relâché en février 2022 sans explication.
Depuis fin 2015, il vit dans un camp de la région de Harim, près de la frontière turque, entouré de membres de sa katiba et de leurs familles. Passés des tentes à des logements en dur, ils forment aujourd’hui un « groupe restreint » d’environ cinquante Français, selon des sources sécuritaires citées par l’AFP fin 2024.
Leur situation financière est précaire, et le HTS, réticent envers les combattants étrangers, les a « relégués au second plan », ajoutaient ces sources.
En septembre 2025, Oumar Diaby confiait au journal Libération qu’il poursuivait une activité de monteur vidéo à distance : « Des personnes me demandent de travailler sur des clips, des pubs, parfois des vidéos de youtubeurs… mais ils ne savent pas que je suis derrière. Je travaille sous pseudo, et ils me payent. »
Malgré son isolement, il conserve un certain pouvoir d’attraction : plusieurs individus ont encore été mis en examen en France en 2025 pour avoir tenté de rejoindre sa katiba.
Avec AFP






