Plus d’un enfant sur six en école élémentaire est probablement confronté au harcèlement scolaire, avec des conséquences directes sur la santé mentale. Une étude nationale met en lumière des situations parfois cumulatives, où victimisation et comportements agressifs se rejoignent, dessinant un enjeu sanitaire et éducatif majeur dès le plus jeune âge.
Le chiffre interpelle et impose un regard attentif. En France hexagonale, une part significative des enfants scolarisés du CP au CM2 serait exposée à des formes de harcèlement, selon une enquête de grande ampleur menée auprès des familles et des enseignants. Au-delà de la violence subie, l’étude souligne des liens étroits avec des troubles probables de santé mentale, parfois dès l’école élémentaire.
Harcèlement scolaire à l’école élémentaire, une réalité chiffrée
Les résultats font état de plus de 16% d’enfants de 6 à 11 ans identifiés comme victimes probables de harcèlement. Parallèlement, près de 18% présentent des comportements agressifs, et un peu plus de 6% cumulent ces deux situations. Ces données proviennent de l’enquête épidémiologique sur le bien-être et la santé mentale des enfants scolarisés, conduite en 2022 auprès de 8.200 élèves du CP au CM2.
Les informations recueillies reposent sur des questionnaires adressés aux parents et aux enseignants. Deux interrogations guidaient l’évaluation : l’enfant est-il harcelé ou tyrannisé par d’autres élèves ? Se bagarre-t-il souvent avec les autres enfants ou les tyrannise-t-il ? Les réponses ont été croisées avec des données relatives à la santé, à l’environnement familial et au milieu socioéconomique.
Santé mentale des enfants, des écarts marqués
L’étude établit un constat net : les enfants victimes probables de harcèlement, tout comme ceux présentant des comportements agressifs, ont plus fréquemment au moins un trouble probable de santé mentale. Les troubles évoqués concernent notamment l’état anxieux, la défiance, l’inattention ou l’hyperactivité.
La situation est particulièrement préoccupante pour les enfants cumulant victimisation et agressivité. 40,9% d’entre eux présentent au moins un trouble probable de santé mentale, contre 6,8% chez les enfants n’étant ni victimes ni agressifs. Ce groupe-là en particulier présente une fréquence élevée de troubles probables de santé mentale et mérite une attention particulière, souligne Marianne Sentenac.
Pour certains enfants, l’agressivité peut être interprétée comme une réponse défensive. L’agressivité peut être un mécanisme de protection contre leur propre détresse émotionnelle, indiquent les auteurs de l’étude.
Différences filles-garçons
Le profil social apparaît également déterminant. Les enfants agressifs ou victimes probables de harcèlement sont plus souvent issus de familles monoparentales, avec un parent dont le niveau de diplôme est inférieur ou équivalent au baccalauréat, et déclarant une situation financière perçue comme difficile.
L’enquête relève par ailleurs des différences selon le sexe. Les filles sont plus souvent identifiées comme victimes probables de harcèlement et présentent moins souvent des comportements agressifs que les garçons. L’étude ne propose toutefois ni explication ni lien causal à ces constats.
Repérage précoce
Ces résultats plaident pour un renforcement du repérage précoce des situations de harcèlement dès l’école élémentaire, ainsi qu’une prise en charge adaptée. Il faut renforcer le repérage et la prise en charge précoce des situations de harcèlement dès le niveau élémentaire, insiste Marianne Sentenac, évoquant notamment le développement des compétences psychosociales.
Bien que très jeunes, ils peuvent, dès cet âge-là, développer ces compétences psychosociales, comme apprendre à faire preuve d’empathie, réguler leurs émotions et savoir demander de l’aide, rappelle Stéphanie Monnier-Besnard. Autant de leviers identifiés pour agir avant que les difficultés ne s’installent durablement.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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