Une enquête judiciaire a été ouverte à Marseille après un signalement de l’ancien préfet des Bouches-du-Rhône concernant des soupçons de mauvaise gestion autour de certains chantiers du vaste plan de rénovation des écoles. En pleine campagne municipale, ces révélations mettent sous pression la majorité municipale, tandis que le maire Benoît Payan réclame que toute la lumière soit faite sur ces accusations.
Le dossier, sensible, tombe à un moment clé. À quelques semaines des élections municipales, un signalement transmis à la justice relance le débat sur la gestion du plan écoles, présenté comme l’un des chantiers structurants du mandat municipal. Les accusations portent sur de possibles irrégularités dans des marchés publics, sur fond de retards de travaux et de choix contestés pour assurer la rentrée scolaire de certains établissements.
Un signalement de l’ex-préfet à l’origine de l’enquête
Selon le média en ligne Blast, l’ancien préfet des Bouches-du-Rhône Georges-François Leclerc a saisi en septembre le procureur de la République de Marseille sur le fondement de l’article 40. Il évoque des faits « constitutifs d’infractions à la loi pénale et notamment de délits de favoritisme ». Contacté par l’AFP, le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire à la suite de ce signalement.
Parmi les établissements cités figure l’école Saint-André de la Castellane, dans les quartiers Nord. Sa reconstruction aurait pris du retard en raison d’un litige avec l’entreprise titulaire du marché public. Pour permettre aux élèves d’effectuer leur rentrée, une solution alternative aurait été trouvée, notamment par le rachat de bâtiments modulaires, selon les informations relayées par Blast.
La Société publique des écoles marseillaises mise en cause
D’après le média, la Société publique des écoles marseillaises (SPEM), co-dirigée par l’État et la Ville, est au cœur des soupçons. Cette structure est chargée de piloter le chantier massif de reconstruction, de rénovation et de modernisation des écoles publiques marseillaises, un programme chiffré à 1,5 milliard d’euros. Elle est accusée de ne pas avoir respecté le cadre législatif lors du rachat de certains bâtiments modulaires.
La rénovation des écoles, dont l’état d’insalubrité était régulièrement dénoncé, s’inscrit dans le cadre du plan Marseille en Grand, lancé en 2021 par Emmanuel Macron pour permettre à la deuxième ville de France de combler ses retards historiques en matière d’équipements publics.
Interrogé par l’AFP, l’entourage du chef de l’État souligne que l’ex-préfet, aujourd’hui directeur de cabinet du président de la République, « a fait ce qu’il devait faire dans les fonctions qui étaient les siennes pour préserver l’intégrité d’un projet présidentiel ».
Une polémique qui s’invite dans la campagne municipale
La Ville de Marseille affirme dans un communiqué avoir « pris connaissance par voie de presse » de ce signalement. Le maire s’étonne que « son co-actionnaire, le préfet de l’époque, n’ait pas informé l’ensemble du Conseil d’Administration et des actionnaires du signalement dont il était destinataire ».
Benoît Payan, maire divers gauche et candidat à sa succession, a lui-même transmis l’article de Blast au procureur de la République afin que « toute la lumière soit faite sur les faits rapportés ». Ces révélations n’ont pas manqué de provoquer des réactions dans l’opposition municipale.
Le candidat LFI Sébastien Delogu estime que « les faits dénoncés sont graves » et demande au maire de s’expliquer. Du côté du RN, Franck Allisio évoque « les heures sombres du Guérinisme », en référence à Jean-Noël Guérini, ancien président socialiste du département, condamné définitivement en 2024 dans une affaire de marchés publics truqués. Le camp de Martine Vassal, divers droite, s’interroge sur un éventuel retrait du maire.
Sur les 1,5 milliard d’euros prévus pour le plan écoles, 400 millions ont été apportés par l’État afin de permettre la réhabilitation ou la reconstruction de 188 établissements sur les 470 recensés, sur une période de dix ans. À ce jour, 27 écoles ont été livrées, un chiffre que le maire qualifiait encore en septembre de « prouesse », malgré les difficultés juridiques rencontrées.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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